La Russie, une alternative africaine à la Chine ?

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De notre envoyé spécial à Sotchi, Ibrahima Dia Junior 

 La déclaration forte de Nikita  Dusakov, CEO de Rusian export center (REC), à l’issue de la deuxième journée du forum économique Russie-Afrique, tenu jeudi 24 octobre , à Sotchi (Russie) sonne comme une conclusion à ce sommet intense qui a vu l’une des nations les plus industrialisées au monde rencontrer un continent qui peine encore à fabriquer une hélice. 

« La Russie est  dans une logique d’aider l’Afrique à faire face à deux de ces défis majeurs à savoir la transformation de ses matières  sur place et  son processus d’industrialisation », dira ce membre du conseil d’administration d’Afreximbank. A ses yeux, «la Russie va offrir une nouvelle plateforme d’échanges commerciaux beaucoup plus équitable et rentable». 

Dusakov a souligné que, « contrairement à  la Chine qui valorise les industries  de substitution aux importations, la Russie  aidera les Etats africains à transformer  leurs matières premières sur place ». Dans cette optique, il a indiqué que le géant russe, EuroChem , producteur d’engrais,  va bientôt investir pour la construction des usines dans certains pays africains.

 Le CEO de Rusian export center (REC) a alerté que la Russie n’est pas venue dans le continent pour piller les ressources  d’autant plus qu’elle  dispose  de ses produits de bases en abondance. L’objectif majeur de ce forum, indique-t-il, c’est d’«aider véritablement les pays africains» à tirer leur épingle du jeu en devenant  des «nations industrialisées capables de transformer leurs matières premières».

En outre, monsieur Dusakov a souligné que son  pays va miser également sur le développement des infrastructures en Afrique dont  le besoin de financement  est  évalué entre 68 à 170 milliards de dollars.

Les ressources naturelles  doivent  être un  moteur de croissance en Afrique 

Au cours  de la deuxième journée du  jeudi 24 octobre,  les débats se sont poursuivis  à travers  des séries de  panels. Les acteurs, regroupant, entrepreneurs, experts, investisseurs…  ont encore une fois mis l’accent sur les possibilités à transformer structurellement  les économies africaines  avec  des thèmes diversifiés.

Intervenant  à une séance plénière dédiée au renforcement du cadre juridique des mines  en Afrique, le ministre equato-guinéen  des Investissements Publics et Privés, Gabriel Curtis, a exhorté les Etats africains à  remanier profondément  leurs codes miniers. 

Car, souligne-t-il,  une révision profonde  permettra d’attirer davantage les investisseurs dans le secteur. Pour le  ministre,  l’amélioration de ce  cadre juridique a permis à son pays de tirer des  avantages dans le secteur minier, qui représente près de 70% du PIB. Il a révélé que  la Guinée Équatoriale attend plus de 10 milliards de dollars d’investissements dans le mine entre 2016 et 2018 dont 4,5 milliards ont été déjà investis.

Évoquant  la législation pétrolière  au Congo, Dieudonné Lucien NGOYI, directeur général de BNB World Trading Corporation, a précisé que son pays a mis en place de concert avec l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA)  un cadre législatif attractif. 

Cette nouvelle règlementation, mentionne-t-il, offre aux investisseurs étrangers et nationaux un cadre très  attractif  dans ce secteur.  

Le premier forum économique Russie-Afrique  s’est ouvert mercredi 23 octobre avec pour thème majeur : « Russie-Afrique: Révéler le potentiel de la coopération ». Ce rendez-vous a  enregistré près 100000 participants venus dans les différents  horizons du monde pour s’enquérir des possibilités d’investissements en Afrique. 

Ibrahima junior  Dia, envoyé spécial à Sotchi 

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