Obligation Ghana: les investisseurs boudent en dépit d’un rendement de 20%

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Chouchou de la rue africaine, le président Nana Akufo-Addo peine à convaincre le marché.

La dernière obligation émise par le Ghana a battu un triste record. Le pays du président Nana Akufo-Addo a émis jeudi 22 août, sur le marché obligataire du pays, l’équivalent de 162,1 millions de Cedis (30 millions de dollars). Les obligations étaient négociées avec un rendement de 20,2% pour une maturité de 20 ans. En comparaison, les Etats de l’Union économique et monétaire lèvent de l’argent auprès du guichet de l’UMOA-Titres à des taux de 5 à 6% pour des maturités il est vrai situées entre 5 et 7 ans. Sur le marché obligataire de la BRVM, moins fréquenté que par le passé, les obligations émises par ces mêmes Etats évoluent entre 6 et 8% pour des maturités plus longues. C’est dire, toutes comparaisons étant égales par ailleurs, du faible niveau de confiance dont bénéficie la signature du Ghana dans son marché domestique comparé à la signature des 8 Etats de l’UEMOA (dont la Guinée Bissau) dans le marché financier régional.

Cette perte de confiance des investisseurs, véritable baromètre des politiques publiques du président Nana Akufo-Addo, s’apprécie clairement dans le résultat de l’emprunt du 22 août. Ainsi, le montant mobilisé a été loin des objectifs qui étaient de lever 450 millions de cedis. Même à un rendement de 20%, les détenteurs de capitaux jugent le niveau de rémunération assez faible pour conserver du “Ghana Bond” dans leurs portefeuilles. A l’arrivée, il manquait donc 36% (162,1 millions de cedis contre 450 millions de cédis) du montant projeté au départ. La crainte des investisseurs est alimentée en partie par le risque de change toujours aussi élevé sur le cédi.

Pour le responsable des finances à GCB Bank Ltd, Anthony Asare, cité par Bloomberg, “la maturité de cette obligation est trop longue pour le niveau de confiance des investisseurs dans l’économie du pays”.

Après la fin du programme quadriennal du Fonds monétaire international au Ghana en avril dernier , les autorités ont revu à la hausse leur prévision de déficit budgétaire. Ainsi , le déficit passe à 4,5% du PIB contre 4,2% lors du réexamen budgétaire à mi-parcours. Si l’on se fie aux statistiques de quelques indicateurs économiques du pays, l’inflation s’est accélérée pour atteindre 9,4% en juillet. Le cedi s’est déprécié face aux principales devises notamment le dollar. La monnaie locale a perdu 10% par rapport au billet vert. Ces signaux au rouge n’ont pas laissé indifférent le ministre de l’économie et des finances, Ken Ofori-Atta. L’argentier de l’Etat a averti: «ce mois-ci, le pays courait un risque élevé de surendettement ». En rappel, depuis la fin du programme du FMI , le Ghana a décidé de ne plus solliciter les crédits de l’institution de Breton Woods pour financer son budget.

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