Gabriel Obiang Nguema Lima, ministre des Mines et des Hydrocarbures de Guinée équatoriale

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Gabriel Obiang Nguema Lima, ministre des Mines et des Hydrocarbures de Guinée équatoriale

«En se regroupant, les producteurs africains du pétrole augmenteront leurs marges»

En marge du sommet du pétrole africain (CAPE VII) organisé à Malabo du 3 au 5 avril, Financial Afrik s’est entretenu avec Gabriel Obiang Nguema Lima, ministre des Mines et des Hydrocarbures de Guinée équatoriale.  Pour ce panafricaniste, les producteurs africains de pétrole doivent regrouper leurs forces et coter le brut au niveau local. Entretien. 

L’harmonisation des politiques africaines en matière d’hydrocarbures était le point principal du sommet Cape VII tenu à  Malabo. Monsieur le ministre, quelle est maintenant la prochaine étape?

Il y a  l’étape politique et il y a mon point de vue d’africain. L’étape politique repose sur l’harmonisation des politiques africaines en matière de pétrole et de gaz au sein des sous Communautés et des communautés  économiques régionales. La zone CEMAC, UEMOA, la CEDEAO, la SADC devront graduellement prendre en compte cette nécessité stratégique.  En ce qui concerne mont point de vue d’africain, nous devons créer un marché du pétrole africain (Crude basket) qui nous permette de vendre le brut africain (Bonny Light ou West Africa Brent) à un prix   coté en Afrique.  Comme vous le savez, le Brent de la mer du Nord n’existe pratiquement plus. 

A terme, quel sera l’objectif de ce marché africain?

Si tous les pays africains producteurs de pétrole (Angola, Nigeria, Guinée Equatoriale et autres) font transiter leurs productions via un marché unique de pétrole africain, nous gagnerons en pouvoir de négociations.  Une organisation comme APPO doit porter une telle ambition. La mise en place n’est pas compliquée. La plupart des raffineries africaines ont besoin de brut. Le brut raffiné sur le continent alimentera à son tour les marchés domestiques africains, ce qui va éliminer les pénuries persistantes de produits pétroliers que nous connaissons de part et d’autre.  Or, aujourd’hui, nous avons un pétrole négocié à différents prix et à différentes conditions qui ne profite pas de manière optimale au continent.  En nous regroupant, nous créons une force de négociation face aux acheteurs.  Le pouvoir de négociation induit un meilleur prix. 

La plupart des producteurs africains font face à la volatilité des cours de pétrole. Quelle est la solution?  

La solution est de se regrouper mais aussi d’avoir des politiques d’ensemble pour l’upstream, le midstream et le downstream.  Nous sommes engagés sur toute la chaîne de valeur ou presque mais pas sur le marketing.  Hormis le Nigeria, il y a peu de pays africains qui s’impliquent dans la commercialisation de leur pétrole. L’Afrique,  productrice de pétrole, reste peu visible dans la commercialisation de ce produit stratégique. Le manque à gagner est réel.

Comment la Guinée Equatoriale est-elle arrivée à construire des infrastructures aussi modernes, comme  constatées par les participants au Cape VII?

C’est la vision du président Nguéma.   Comme il l’a declaré à l’ouverture de la conférence, beaucoup de personnes viennent chez nous pour voler nos ressources. La meilleure  manière d’éviter cela c’est de construire des infrastructures et des routes, de raccorder les populations à l’électricité.   Ainsi, personne ne pourra voler votre argent. Les infrastructures concernent Malabo, Bata et toutes les autres villes et villages du pays.  Maintenant, la seconde étape, est de créer les services, les hotels, les restaurants, la connectivité aérienne, le tourisme. La Guinée Equatoriale est véritablement engagée dans la diversification économique. Ici plus qu’ailleurs, la manne pétrolière et gazière est le moteur de la transformation.

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