Franc CFA : les critiques sont infondées et subjectives (BCEAO)

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Abdoulaye Diop, vice-gouverneur de la BCEAO

Le vieux débat sur le franc CFA n’en finit pas de défrayer la chronique. Aussi bien du côté des techniciens que des politiques, le sujet est au centre des débats et les avis, plus que jamais, sont inconciliables.

Après la sortie de l’ancien ministre togolais de la Prospective et de l’Evaluation des politiques publiques, Kako Nubukpo, connu pour ses positions de pourfendeur, c’est au tour du vice-gouverneur de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Abdoulaye Diop de sortir de ses gonds. Pour lui, le franc CFA fait l’objet d’attaques subjectives qui ne se basent sur aucun fondement scientifique.

S’exprimant lundi 28 janvier à sa sortie d’audience avec le président sénégalais Macky Sall, le responsable a soutenu que c’est la passion et même le « fanatisme monétaire » qui animent les détracteurs de la monnaie.

« Le franc CFA, tel que nous le connaissons, a été créé en 1962 et n’a rien à voir avec le franc de la colonie d’Afrique », a-t-il déclaré devant les caméras. Et d’ajouter que « cette monnaie est gérée par des africains pour le compte des africains à travers une politique monétaire de la BCEAO ».

Face aux diatribes enflammées, il appartient à l’institution de déjouer ces attaques en donnant les bonnes réponses et orientations, a conseillé l’ex-ministre sénégalais de l’Economie et des Finances.

Rôle

Apportant des arguments techniques sur la question, certains économistes soutiennent que les économies de l’UEMOA ne sont pas sous financées. Et le taux de financement des économies hors zone FCFA n’est pas meilleur que celui de la zone FCFA.

Selon les données des perspectives économiques régionales du FMI, en 2015, le taux de financement a atteint respectivement 38% et 42% au Sénégal et au Togo. Alors que pour le Ghana, il s’est chiffré à seulement 35%.

« Maintenant le constat est là, le rôle que l’on veut faire jouer à la monnaie dans les économies africaines n’est pas forcément le sien», commente un professeur à la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’université cheikh Anta Diop de Dakar.

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