Minusma-CEDEAO: le nerf de la guerre

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Qui financera les 5280  soldats africains de la mission des nations unies au Mali (Minusma)? C’est une question délicate qui sera abordée lors de ce sommet de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest)  , qui se tient en ce moment à Dakar.

 

Autant l’Union africaine et la CEDEAO avaient, dés le déclenchement de la crise malienne,  milité  pour une “solution africaine”,  autant ces deux instances tardent aujourd’hui à délier les cordons de la bourse. Les question financières avaient poussé l’ Union africaine à fourguer le dossier à l’ONU. L’on est ainsi passé de la Misma (Mission africaine pour le Mali)  à la Minusma ( Mission multidimensionnelle intégrée  des Nations Unies pour la stabilisation du Mali, résolution 2100 du conseil de sécurité du 25 avril 2013) en juillet dernier. E, t avec cette mue d’été, l’évanouissement en douceur  de la  “solution africaine à un problème africain“. Ne restait plus q’un symbole.

En effet, la Communauté ouest africaine avait in extremis  obtenu à ce que le déploiement des troupes se fasse sous son mandat.  Mais que vaut aujourd’hui ce mandat puisque, aux hésitations de la Côte d’Ivoire (qui préside en ce moment les destinées tournantes de l’organisation) s’ajoute le retrait de 1200 soldats nigérians rentrés à la maison pour combattre les islamistes de Boko Haram?

Les pays de l’Union devront aussi rembourser les frais engagés par le Tchad (pays non membre de la CEDEAO) et financer le doublement des effectifs prévus passer à 12 600 en décembre prochain.  Or, il  semble que la CEDEAO attend à ce que les donateurs qui s’étaient engagés à financer le déploiement des troupes ouest-africaines en janvier dernier honorent leurs promesses. A commencer par  l’Union africaine qui n’a déboursé que 30 millions de dollars sur les 50 prévus lors de la réunion des donateurs tenue à Addis Abeba en janvier dernier.

A la mi-octobre, Ndjamena, qui a payé un lourd tribut à son intervention au Mali (38 soldats tués),  aurait présenté le dossier pour paiement à l’Organisation des Nations Unies (ONU). Le retard de paiement des primes des soldats a provoqué la désertion d’une centaine de militaires tchadiens qui ont déserté leur position à Tessalit pour rejoindre Gao il y a quelques semaines, protestant contre les retards d’argent et de la relève.  Le Tchad, qui a quelques 1200 soldats sur le terrain ces trois derniers mois, devrait toucher près de 4 millions de dollars au début  du mois d’octobre. Selon les diplomates onusiens, le retard est dû en partie par l’opacité de l’armée tchadienne qui n’avait pas jusqu’au 23 septembre déterminé le montant devant revenir à chaque soldat;

Ces difficultés financières et logistiques vont logiquement conduire à une ré-internationalisation de la Minusma. Le casque était trop grand pour la CEDEAO.  Déjà, la hollande prévoit l’envoi de 400 soldats;  Aux dernières nouvelles, la CEDEAO ferait appel aux chinois.

 

 

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