riziculture

Suite à notre éditorial intitulé “Quand la BAD travaille contre le développement de l’Afrique” paru dans Financial Afrik n°36, nous avons reçu les précisions suivantes de la Compagnie Agricole de Saint Louis (CASL), destinataire du financement en dette de 20 milliards de FCFA de la BEI-BAD mentionné dans l’article.

La compagnie CASL tient à préciser à l’information des lecteurs qu’elle n’a pas, contrairement à ce que nous avions écrit, obtenu du foncier à des conditions avantageuses auprès de l’Etat sénégalais mais acquis, au fur et à mesure de ses capacités d’aménagement, les terrains dont elle a besoin, avec un objectif de 4000 ha, qui n’est pas encore atteint. Les surfaces sont négociées en lots distincts avec la Commune Rurale de Diama et avec les paysans affectataires au prix d’usage.

Les surfaces en question se trouvent entièrement en zone salée et n’ont jamais été cultivées par manque d’infrastructure hydraulique.

Les négociations obtenues avec le conseil rural de Diama vont plus loin qu’une simple transaction commerciale et englobent un accès libre des paysans au réseau d’irrigation et de drainage de la CASL qui est sur-dimensionné afin de permettre aux exploitants riverains de cultiver jusqu’à 2000 ha dans la zone. Quelques 500 hectares aménagés sont déjà mis en culture par les paysans.

La CASL qui se défend de tout accaparement de terre propose également des contrats de culture aux paysans, en partenariat avec une banque, la Caisse Nationale du Crédit Agricole du Sénégal (CNCAS) en l’occurrence et d’autres, afin de permettre aux petits exploitants d’obtenir un nouveau prêt de campagne pour la saison suivante, ce qui leur est difficile.

En effet, la CASL rembourse elle-même le montant du prêt de campagne à la banque dès  livraison du paddy par les paysans. L’objectif de 300 hectares pour la campagne actuelle de contre-saison est largement dépassé puisque ce sont 1500 hectares de contrats qui sont en cours de discussion. Le prix d’achat du paddy est celui négocié par l’interprofession. La CASL insiste enfin sur le sous équipement chronique de la Vallée en capacités d’usinage du paddy, alors que plusieurs nouvelles rizeries sont actuellement en construction.

S’agissant des liens évoqués dans l’article avec le trader Louis Dreyfus, la CASL déclare que la participation de cette entité dans son capital est de moins de 5%, proportion souvent dévolue aux clients (Louis Dreyfus en étant un) des entreprises de production agricole. 

La CASL est détenue majoritairement par une structure portée notamment par son fondateur, M. Laurent Nicolas, et diverses personnes physiques et morales, qui ont mobilisé plus de vingt millions d’euros en equity, intégralement investis dans le projet et complétés par un prêt remboursable des banques BAD et BEI. D’autres entités complètent le capital dont Éléphant Vert, producteur de bio-fertilisants. La CASL est une société de droit sénégalais et à capitaux français.  La CASL regrette de n’avoir pas trouvé d’actionnaire sénégalais prêt à investir au capital. 

L’ambition de la CASL est de participer à la modernisation de la filière rizicole sénégalaise en introduisant de nouvelles techniques de culture et d’usinage et de permettre aux paysans situés autour de ses exploitations de développer une riziculture commerciale viable, en double culture. La CASL souhaite enfin produire du riz origine Sénégal de grande qualité, pour le marché sénégalais et sous-régional.

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