Loceni Compaoré, Ouagadougou.
Les experts l’avaient annoncé depuis le début de la crise iranienne. Les prix à la pompe allaient enregistrer des augmentations. Si certains pays avaient dès le début de la crise, augmenté les prix du carburant, d’autres, notamment ceux de l’UEMOA, avaient résisté au regard du principe qui consiste à payer des semaines au préalable avant d’être ravitaillé. Ils avaient donc des marges de manœuvre. C’est désormais difficile de tenir car les subventions plombent les budgets des États.
C’est maintenant chose faite. La vague des augmentations des prix des produits pétroliers à la pompe a atteint désormais les pays de l’UEMOA. Après la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Mali, c’est au tour du Sénégal d’annoncer une augmentation de 70FCFA sur le prix du supercarburant et 75FCFA sur le prix du gasoil.
Si en Côte d’Ivoire ces augmentations ont suscité beaucoup de réactions, au Burkina, c’est un autre tableau qui a été constaté. On murmure. Mais personne n’ose critiquer ouvertement. La Ligue des consommateurs du Burkina(LCB) à l’occasion de sa conférence de presse de ce 15 août 2026, dit prendre » acte » de cette augmentation du gazoil dont le litre est aujourd’hui cédé à 750 FCFA.
« Au Burkina, toute hausse dans le secteur des hydrocarbures fragilise davantage le pouvoir d’achat… »
Même si cette organisation de la société civile reconnaît que toute augmentation du prix à la pompe affecte le pouvoir d’achat des consommateurs. « Au Burkina, toute hausse dans le secteur des hydrocarbures fragilise davantage le pouvoir d’achat des ménages », déclare M. Kouraogo, président de la LCB. Et de réclamer « une interdiction stricte de tout approvisionnement suspect par des camions-citernes étrangers, en dehors des circuits officiels d’exportation non subventionnés ». Dans l’opinion, on estime que cette sortie d’une association de consommateurs est inopportune et qu’elle aura raté l’occasion de se taire.
Ces augmentations dans la sous région vont-elles impacter le coût du transport, élever le prix des produits de première nécessité? Ce sont ces questions que se posent les populations. En attendant, les autorités, elles, justifient ces augmentations par la crise iranienne qui a occasionné l’augmentation du prix du baril du pétrole.

