Par Ludovic EMANUELY, Président de l’ONG internationale Croissance PEACE.


Le capital-investissement ou private equity est un mode de financement qui fait émerger de toute évidence de nouveaux entrepreneurs et de nouvelles technologies. Appelées dans les années 1980 les « barbares à la porte » de l’économie, aujourd’hui, tout le monde reconnait l’apport significatif des sociétés de capital-investissement dans le financement des entreprises dans les pays émergents.  

En effet, les sociétés de capital-investissement collectent de l’argent auprès de compagnies d’assurances, de banques, de fonds de pension, de fonds souverains ou de riches particuliers pour l’investir au capital d’entreprises non cotées et ainsi participer à la direction de celles-ci. Après quelques années, ces sociétés revendent leurs participations et partagent les éventuelles plus-values lors de la cession avec les investisseurs institutionnels qui les avaient initialement financés et avec les dirigeants des entreprises revendues.  

Au sein de Croissance PEACE, nous avons créé un instrument qui permet aux pouvoirs publics en Afrique, de déployer des mesures incitatives qui favorisent l’installation de sociétés de capital-investissement sur le continent, afin de fournir des capitaux propres aux entreprises. Car, la plupart des projets économiques élaborés par les promoteurs en Afrique se heurte bien souvent à la problématique du manque de capitaux propres, lors de leur recherche de financement.   Le Partenariat Privé-Privé Performé Par le Public encourage donc les États africains, dans une économie de marché avec une épargne libre, à orienter celle-ci vers l’investissement dans les entreprises, pas seulement vers le financement du déficit. Ainsi, Croissance PEACE permet aux États africains, via des conseils techniques de pointe, d’envisager raisonnablement un encouragement à la participation du secteur privé, à la croissance de leurs économies nationales, avec un objectif 6% à 9 % pour les 10 prochaines années, tout en diminuant leur dette.    

La promotion d’une économie de fonds propres est désormais un choix stratégique que doivent faire les gouvernements africains. Cela engage un plan de communication coordonné aussi bien à l’intérieur du continent qu’à l’extérieur de celui-ci, afin de renforcer dans les esprits, la perception des politiques fiscales en faveur de la création de sociétés de capital-investissement en Afrique.   L’incitation publique à l’initiative privée et ses applications concrètes devrait promouvoir en Afrique, un dynamisme plus accru de créations d’entreprises, notamment dans les secteurs agroindustriels, les services et l’innovation technologique.

Par ailleurs, le capital-risque étant un volet du capital-investissement, les prévisions annoncent une forte progression de ce secteur, qui devrait se situer entre 3,8 et 4,7 milliards de dollars en 2022. D’après les experts, à l’horizon 2025, les investissements en capital-risque en Afrique pourraient dépasser le seuil des 10 milliards de dollars.       Entre l’Afrique et l’Europe, la coopération des différents professionnels du monde de l’économie, de la finance, de l’entrepreneuriat et des pouvoirs publics repose sur un mécanisme relationnel, l’intermédiation. Construire collectivement un espace décisionnel au bénéfice de l’installation de sociétés de capital-investissement en Afrique, c’est le gage d’une croissance économique pour l’ensemble des pays africains.

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