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L’#Afrique2050 : l’urgence est dans une orientation stratégique des investissements (IDE)

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Par Meissa M LO, Expert Financier.


L’expert Meissa Lô dresse les perspectives de l’Afrique en 2050, thème majeur qui sera débattu les 16 et 17 décembre prochains à Nouakchott à l’occasion de la quatrième édition des Financial Afrik Awards.


Le continent africain enregistre d’innombrables flux d’investissements direct étrangers (IDE) mais l’impact ou le résultat escompté de ces investissements semble être loin d’être satisfaisant. Entre le taux de chômage dans certains pays qui continue d’être très élevé, le problème de l’immigration ou la fuite des cerveaux qui continue à s’accentuer, il urge de comprendre ces nombreux échecs, malgré tous les atouts que regorge le continent.

La pandémie de COVID-19 a provoqué une chute spectaculaire des investissements directs étrangers (IDE) mondiaux en 2020, ramenant les flux d’IDE au niveau observé en 2005. Soit, -35% en Afrique du nord, -12% en Afrique subsaharienne et -18% en Afrique de l’Ouest même si le Sénégal fait partie de ces rares économies qui ont bénéficié d’IDE plus élevés en 2020, avec une augmentation de 39 % à 1,5 milliard de dollars (investissements dans l’énergie).

Il est important alors de revoir les clauses adoptées pour les ODD (Objectifs de Développement Durable) car cette crise a fait reculer les progrès accomplis pour combler le déficit d’investissement après l’adoption des ODD, nous renseigne le rapport de Juin 2021 sur les investissements mondiaux publié par l’ONU. Il est alors question d’impulser fortement les investissements, les IDE, mais surtout de mettre l’accent sur un profond diagnostic des secteurs qui captent ces fonds.

L’accent doit être mis maintenant sur les secteurs capables de supporter les économies et de permettre aux États de faire face de façon durable aux chocs futurs. La multiplication des variants du coronavirus montre que les États africains doivent réorienter ces investissements vers les secteurs de recherches, de la santé et de la technologie.  En ce qui concerne les questions relatives aux infrastructures, à l’énergie, et à l’industrialisation, à mon avis, les États africains gagneraient à libéraliser ces secteurs et les confier à un fonds intergouvernemental, puisse qu’ils enregistrent quasiment tous le même niveau de retard dans ces domaines. Grace à une lutte sérieuse et stratégique des flux financiers illicites (FFI), ce fonds pourra être alimenté et permettre de résister aux problèmes liés à l’énergie et aux infrastructures.

Fuite de capitaux

Il est aisé alors de comprendre que le développement des pays de l’Afrique n’est pas seulement gangrené par cette impertinence notée dans l’orientation stratégique ou l’utilisation des investissements mais aussi par une importante fuite de capitaux observée : 89 milliards de dollar par an. Celle-ci, selon l’ONU, sape de façon considérable les ODD. Par exemple, selon le dernier rapport des Nations Unies, les pays africains où les flux financiers illicites (FFI) sont élevés, les États dépensent 25% de moins que les pays où les FFI sont faibles pour la santé et 58% de moins pour l’éducation.

«La question des fuites de capitaux est multidimensionnelle et transnationale, et elle touche plusieurs juridictions» nous explique Muhammadu Buhari, président du Nigéria. Raison pour laquelle, le combat se mènera grâce à une solide coopération et une forte volonté politique des États impactés par ce fléau. Nous sommes conscients de tous les maux du continent et nous connaissons tous son fort potentiel, il s’agit maintenant de trouver les profils de leaders africains conscients des enjeux du moment et capables de mener ardemment ces combats.

De ce fait, en plus de lutter contre la corruption, les fuites de capitaux, l’urgence est aussi dans la réorientation et la redistribution stratégique des IDE vers les secteurs qui permettront aux États de résister aux nombreuses crises à venir et éviter de retomber dans le gouffre à cause d’une faible et inefficace politique de résilience pour faire face aux conséquences désastreuses de la covid-19.


Lire aussi la prospective de Ousmane Dieng sur l’Afrique en 2050.


Cette crise a aussi dévoilé l’esprit d’entreprenariat, de créativité de beaucoup de jeunes africains. Les jeunes africains se sont démarqués en proposant des solutions de lutte contre la covid-19 : solution de respirateur artificiel, de lave main automatique avec gel hydro alcoolique etc., et tout cela avec de maigres moyens. Cela montre que ces jeunes n’ont juste besoin que d’accompagnement technique et financier. Les États doivent songer à offrir une tribune d’expression à ses start-ups ou jeunes talents afin que ces derniers puissent être détectés par les fonds d’investissement ou fonds activistes qui sont prêts à investir dans des projets innovants.

Les médias africains ont une part de responsabilité


Le problème de mon point vue est que les médias africains et étrangers ne montrent que les fléaux (maladies, guerres, crises etc.) qui secouent la stabilité du continent, très peu de médias «s’intéressent aux trains qui arrivent à l’heure», peu d’entre eux offrent une visibilité à ces jeunes porteurs de projets qui pourront développer leur entreprise grâce aux fonds qu’ils arriveront à capter. Les économies africaines peuvent être soutenues par les start-ups, TPE (Toute Petite Entreprise), PME ou PMI. Hormis quelques sites d’information, la plupart des médias ne parlent quasiment ni des exploits, ni des innovations ou performances des entreprises africaines ou même de leur modèle de réussite, qui peuvent convaincre les investisseurs privés à faire confiance à ces entreprises, qui sont à la recherche de financement pour se développer et viser les marchés internationaux.

Ainsi, avec un développement intensif des médias et un bon encadrement des informations diffusées sur le continent, les entreprises africaines pourront capter plus de capitaux et de financements pour se développer. Et par ricochet, elles seront pour les États, les leviers de lutte contre le fort taux de chômage noté. La question des informations diffusées sur l’Afrique doit vraiment faire objet de débat au sein des organisations intergouvernementales (UA, CEDEAO, CEMAC etc.)


*Meissa M LO

Expert Financier

Consultant en finance de marché

Auteur du livre marché financier ouest-africain, solution au développement des entreprises

Contributionhttp://.financialafrik.com
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