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Côte d’Ivoire: pourquoi Patrick Achi est-il cité dans les Pandora Papers ?

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Cette nouvelle affaire d’argent dissimulé, qui vient allonger la liste des dirigeants déjà épinglés par les Panama Papers il y a cinq ans, cible des dizaines de responsables politiques qui dissimuleraient leur fortune derrière des sociétés-écran anonymes. Surprise pour la Côte d’Ivoire : le nom du Premier ministre Patrick Achi y est mentionné. Une information biaisée puisque la société associée à son nom, pour laquelle aucune irrégularité n’a été constatée, a été créée en 1998, alors qu’il exerçait dans le privé.

Des centaines de responsables politiques issus de plus de 90 pays parmi lesquels figure un roi, sept Présidents et quatre chefs de gouvernement en exercice. À l’origine de ces nouvelles révélations : la fuite de quelque 12 millions de documents confidentiels, transmis au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) par une source anonyme, issus des archives de cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore dans les paradis fiscaux. Coup de tonnerre en Côte d’Ivoire : le premier ministre Patrick Achi y est mentionné comme ayant contrôlé une société aux Bahamas jusqu’à 2006, a minima. Une affirmation pour le moins laconique au vu des enjeux. 

Aucune transaction illicite révélée

Cette présomption de culpabilité appelle quelques précisions. En 1996, alors qu’il était entrepreneur et consultant en stratégie, Patrick Achi a créé à Abidjan la société «Stratégie et Management Consultants», qui a travaillé pour de nombreux clients privés ou publics en Côte d’Ivoire, dans le respect de ses obligations légales, fiscales et sociales. 

Dans la perspective de missions à l’international susceptibles de découler de son activité de consultant, une société a été immatriculée en 1998 à l’étranger. Celle-ci a-t-elle servi à couvrir des affaires délictueuses, à détourner des fonds publics ou à échapper au fisc ivoirien, comme le laisse penser cette enquête ?

Aucune transaction illicite ou irrégulière n’a pour l’instant été révélée par l’enquête. Mais surtout, selon nos informations, cette société offshore n’a au final jamais exercé la moindre activité, ce qui a amené Patrick Achi à y mettre un terme en 2006. Finalement, la seule chose qui lui soit reprochée, c’est d’avoir créé une société offshore en 1998… alors qu’à cette époque, Patrick Achi n’exerçait aucune fonction politique, institutionnelle ou de cabinet. Aucune affaire suspecte n’ayant été mise à jour, aucun magot n’ayant été localisé dans un paradis fiscal, on peut s’interroger sur la motivation de cette stigmatisation. 

Albert Savana
Journaliste depuis 20 ans dans la presse économique africaine  et auteur de plusieurs enquêtes et reportages. A couvert plusieurs sommets de l’Union Africaine, de la Commission économique africaine et de la Banque Africaine de Développement.

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