Entretien exclusif avec Stanislas Zézé, PDG de Bloomfield Investment Corporation

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Stanislas Zézé

 Le “Bloomfield Forecast” sera lancé le 15 avril 2021 à l’hôtel Tiama, au coeur du Plateau, le Manhattan ouest-africain. Objectif de cet instrument, combler un vide en matière de prévision économique, précise Stanislas Zézé, PDG du Groupe. Entretien.

Financial Afrik: Monsieur Zeze, au-delà de la Notation financière qui est son activité principale, Bloomfield fait également de l’intelligence économique. Pouvez-vous nous en parler ?

Stanislas Zeze : L’intelligence économique est l’analyse de données économiques, politiques, financières, sociales et culturelles dans le but d’aider les décideurs et les leaders de ce monde à prendre des décisions informées et adéquates. Bloomfield Intelligence a la charge de la production d’analyses sectorielles, analyses de risque pays, analyses d’impact, d’outils économiques et d’indices d’évaluation de performance économique. Bloomfield Intelligence met à disposition des souscripteurs, une large base de données économiques et financières qui est constamment fournie d’études, de recherches et d’analyses.


Financial Afrik: Bloomfield fait le lancement du Bloomfield Forecast le 15 April 2021 à Abidjan. Pouvez-vous nous dire ce que c’est que Bloomfield forecast et pourquoi un lancement en grande pompe ?


Stanislas Zeze :  Bloomfield Forecast est un outil de prévision en temps réel qui automatise les meilleurs pratiques en matière de prévision. L’outil est capable d’estimer de façon précoce le taux de croissance du PIB. L’outil de prévision réduit considérablement le temps d’attente des statistiques officielles en termes de taux de croissance du PIB entre autres. Cela dit, Bloomfield forecast est
calibré pour la prévision d’indicateurs économiques dans les pays de l’UEMOA.

Financial Afrik: est ce que les outils économiques et les rapports d’impact et d’analyse de Bloomfield ont une réelle incidence sur les décisions prises et les politiques publiques mises en place par les gouvernements Africains pour le développement de leurs pays ?


Stanislas Zeze :  Bloomfield Intelligence possède une base de données de plusieurs dizaines d’études risque pays et de risques sectoriels. Ces rapports dressent une cartographie des risques pouvant affecter les décisions d’investissements dans le pays et in fine la mise en place de politiques publiques cohérentes. Les conférences risque-pays et les tables rondes sectorielles suivant ces
rapports, sont des lieux d’échanges thématiques auxquels participent des hautes personnalités administratives dont le ministre de l’économie et des finances et autres dirigeants de l’administration publique et privée. Nous sommes convaincus que la richesse des échanges reste profitable aux gouvernements.

Financial Afrik: pensez-vous que les pays africains ont les outils nécessaires pour une reprise économique véritable à court et moyen terme ?

Stanislas Zeze :  Tous les pays du monde ont pris conscience qu’il faut se réinventer pour survivre. L’économie africaine s’est relativement montrée résiliente à courte terme face à la pandémie du coronavirus. Les pays africains possèdent les matières premières dont la transformation en produits finis pourrait être un gage pour une reprise soutenue. Les pays africains ont tout intérêt à mieux s’adapter au nouveau contexte en misant sur l’industrialisation, en renforçant le commerce intérieur pour le développement d’un marché commun viable. Le développement du soft-skills est un axe non négligeable pour un développement stratégique réussi. En effet les compétences techniques combinées aux qualités humaines sont fondamentales pour assurer un développement durable.

Financial Afrik : pensez-vous que les modèles politiques de la majorité des pays africains leurs permettront de changer l’approche économique actuelle qui a tendance à favoriser la dépendance à l’extérieur au nom de la mondialisation.

Stanislas Zeze :  Sans être pessimiste, je considère que la posture actuelle des pays africains n’est guère encourageante en termes de modèles politiques. L’attitude de soumission systématique reste un poids qui ne permet pas d’envisager une émancipation économique. Les pays africains devraient, dans un premier temps, veiller à la séparation des pouvoirs. C’est une étape importante pour équilibrer les forces à l’intérieur des pays. Cet équilibre permettra, entre autres, de renforcer les
institutions tout en les rendant indépendantes. C’est une nécessité fondamentale pour changer le modèle politique actuel qui a tendance à concentrer le pouvoir aux mains d’une seule entité et parfois même en une seule personne. La force de la corruption pourrait ainsi s’affaiblir pour permettre de mieux orienter les ressources des nations.

Financial Afrik : quel rôle votre agence de notation compte jouer dans la nouvelle dynamique économique politique et sociale qui se dessine en Afrique par le biais des conséquences de cette pandémie de covid 19.

Stanislas Zeze :  Bloomfield Investment Corporation en sa qualité d’agence de notation financière va continuer d’établir la qualité de crédit (capacité à faire face à leurs obligations financières à court, moyen et long terme) des entités notées afin de donner une plus grande visibilité aux investisseurs locaux, régionaux et internationaux sur l’opportunité d’investir et la mesure du risque pris. Notre analyse prend en compte tous les éléments qualitatifs et quantitatifs de l’environnement dans lequel évolue l’entité notée et qui pourraient avoir un impact positif ou négatif sur sa qualité de crédit. Dans ce conteste post-covid qui verra des pays surendettés à cause des levées de fonds effectuées pour répondre à cette crise, le rôle de Bloomfield va être fondamental car l’évaluation de la soutenabilité de la dette souveraine restera un enjeu crucial.

Financial Afrik : enfin Bloomfield a-t-elle l’intention d’exporter la conférence risque pays organisée chaque année en Côte d’Ivoire.


Stanislas Zeze :  La conférence risque-pays Côte d’Ivoire que vous connaissez certainement a toujours été un succès. Nous réunissons chaque année depuis 2015, cinq cents (500) personnes au moins. Malheureusement, avec la pandémie, nous avons limité le nombre à 200 en présentiel. Bloomfield Investment Corporation a plusieurs pays sur la liste de la conférence risque-pays pour
cette année. Le Benin, le Togo et le Cameroun sont de probables destinations de notre label.

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