Malgré la tentative des autorités sud-africaines d’assainir les finances publiques pour contenir la dette, Moody’s et Fitch restent toujours sceptiques. Dans un communiqué parvenu à la presse ce lundi 1er mars, les deux agences de notation financière soutiennent que la dette sud-africaine portera un fardeau de plus en plus lourd.

Le gouvernement sud-africain, dans l’élaboration de son budget 2021, a effectué des ajustements pour non seulement réduire le déficit budgétaire, mais également faire face à la dette qui a atteint 55,6 % du PIB en 2019. Cependant, Moody’s a indiqué que ces ajustements sont modestes et n’empêcheront pas le poids de la dette publique d’augmenter au cours des trois prochaines années.

Pour l’exercice clos le 31 mars 2021 (FY2020), le gouvernement s’attend désormais à enregistrer un déficit budgétaire consolidé de 14% du PIB, contre ses prévisions d’octobre de 15,7%. Une baisse des recettes de 11% moins sévère que les 16% prévus en octobre est le principal moteur, bien que cela implique toujours une perte de recettes sur un an d’environ deux points de pourcentage du PIB.

Pour sa part, l’agence Fitch est en phase avec Moody’s, demeurant septique pour la dette sud-africaine. Elle note que la dette publique continuera d’augmenter à moyen terme, ce qui présente des risques à la baisse qui se reflètent dans les perspectives négatives sur la note « BB- » du souverain.

Les autorités, souligne l’agence, prévoient de faire des jonglages pour réduire certaines dépenses. Mais, poursuit Fitch, ces mesures se relèveront inefficaces et n’empêcheront pas le déficit budgétaire de se creuser. « Nous continuons de croire que des réductions de cette ampleur seront difficiles à réaliser et de maintenir des hypothèses plus conservatrices que le gouvernement sur le rythme de l’assainissement budgétaire », a déclaré Fitch

Pour rappel, les principales agences de notation financières (Moody’s, Fitch et S&P) ont abaissé la note sud-africaine en avril 2020. Elles avaient justifié leur choix en évoquant deux raisons principales : les conséquences de la pandémie et les faiblesses structurelles de l’économie.