Cybersécurité : Malick Fall, fondateur et directeur général de Polaris ST alerte sur les risques en Afrique

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Malick Fall

Des mathématiques à la cybersécurité, le virage a été évident pour Malick Fall, devenu un grand expert en la matière. Après avoir exercé dans de grandes sociétés en France, il est aujourd’hui le fondateur et président du cabinet de conseil en cybersécurité Polaris Secure Technologies, désireux d’écrire de nouvelles pages dans la lutte contre la cybercriminalité et plus particulièrement en Afrique.

Né dans la ville sainte de Tivaouane située à l’ouest du Sénégal, ce diplômé en Master de Cryptologie, Sécurité et Codage de l’Information, de l’Université Joseph Fourier de Grenoble, a construit patiemment sa carrière. « J’ai démarré par les mathématiques avant de bifurquer sur l’informatique. J’ai concilié mon amour des Mathématiques et mes connaissances en informatiques en suivant ce master », explique le fondateur de Polaris ST. Rapidement, Malick Fall a saisi l’opportunité dans la cybersécurité. « La demande devient extrêmement importante car la cybercriminalité est en hausse constante », dit-t-il.

Polaris pour plus d’impacts et de marges de manœuvre

L’expert en cybersécurité sénégalais a occupé un poste d’IT Manager. Malick Fall a mis en œuvre ses compétences dans les solutions logicielles open source spécialisé dans la sécurité des systèmes d’information au Sénégal et en France. Puis, la multinationale française Orange l’a débauché. Il a successivement occupé les postes d’expert sécurité, RSSI, auditeur interne et Consultant Principal. Mais l’entrepreneuriat l’a toujours tenté. « J’ai créé Polaris ST en 2010. Cela ne représentait que des compléments de revenus » se rappelle-t-il. Toutefois, sa structure lui a permis de travailler sur plusieurs domaines de cybersécurité. L’entrepreneur apprécie la variété des missions: « Nous balayons assez large dans le domaine de la cybersécurité. Nous opérons dans le Conseil, le Management des risques, la Formation et l’Audit », détaille celui dont l’organisme forme plus de deux mille experts, jusqu’aux certifications les plus importantes du domaine, ces dix dernières années.

Des stratégies pertinentes s’imposent en Afrique

La lutte contre la cybercriminalité est un enjeu qui concerne le secteur privé et les administrations publiques au niveau de tous les continents. Le fondeur de Polaris ST conseille deux axes stratégiques dans la gestion de la cybersécurité: la prévention et la détection. « Il faut penser en termes de security by design pour la mise en place d’infrastructures technologiques et numériques », explique-t-on au sein de l’équipe Polaris ST. Pour cela, la formation en matière de sécurité des acteurs du numérique est primordiale. Toutefois, malgré toutes ces mesures, le risque zéro n’existe pas. La détection devient un enjeu majeur.

En Afrique, plusieurs défis sont à relever: « le continent doit unir ses forces pour faire face collectivement aux cyberattaques». Puis il ajoute qu’ « une attaque peut être perpétrée dans un pays, ciblant une victime qui est dans un autre pays et en utilisant une infrastructure localisée dans un troisième».

Cette porosité des frontières numériques ainsi que la coopération des hackers eux-mêmes obligent en effet à une coopération internationale. De plus, la cyberdéfense a un coût non négligeable. Le budget d’un état comme le Sénégal correspond à 0,18% des fonds alloués à la défense des Etats-Unis d’Amérique. Enfin, la souveraineté numérique continentale doit être renforcée afin de maîtriser quelques maillons de la chaîne de défense numérique africaine pour compléter les solutions étrangères car le jeu en vaut la chandelle. A ce jour, aucune de ces solutions n’est africaine.

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