Burundi: Micheline Barandereka ou l’art d’allier éducation et agriculture

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Bujumbura sait qu’elle peut compter sur sa société civile pour construire l’émergence du pays. Et c’est par l’éducation qu’elle se mobilise pour dessiner un avenir plus rayonnant pour la jeunesse burundaise. C’est le combat de plusieurs organisations locales dont Shekinah School dirigée par Micheline Baradereka. Et la réussite passe forcément par une synergie de l’ensemble des secteurs pour un développement économique et social.

Située à une heure et demie de route de Bujumbura dans la localité de Rusaka en Province Mwaro, Shekinah School et sa fondatrice Micheline Barandereka ne reculent devant rien pour contribuer à l’émergence du pays. «Notre centre est situé à 60 km de Bujumbura. Je me suis déplacée jusqu’à la capitale pour trouver du réseau en ville pour cette interview», affirme d’entrée Micheline Barandereka, une veuve  de 52 ans et mère d’un jeune garçon de 20 ans.. Il faut dire que la détermination de la fondatrice force l’admiration. «Nous avons commencé par la construction des infrastructures scolaires. Mais rapidement, on s’est aperçu que les enfants avaient des problèmes de concentration car ils venaient en classe avec un estomac vide». C’est ainsi qu’elle s’est alors attaquée à ce problème en misant sur l’agriculture. «85% de la nourriture scolaire provient de nos exploitations et cheptels.. C’est un outil pédagogique puissant pour la réussite scolaire des enfants. Elle poursuit: «les parents ont vite compris l’importance d’un développement social intégré liant ainsi l’éducation à l’agriculture et ils se sont volontairement organisés pour participer hebdomadairement aux travaux dans les champs scolaires», indique-t-elle.

Une grande vision sociale et professionnelle

Une pauvreté excessive des familles est un handicap qui menace le développement social et économique. Et pour y faire face, Micheline Barandereka a suivi les préceptes qui figurent dans l’ouvrage «La chèvre de ma mère» écrit par Ricardo Kaniama. «L’animal peut contribuer à la fertilisation des champs. Elle peut aussi donner naissance à un veau..», estime Micheline Barandereka. La distribution de deux chèvres finance ainsi la scolarité des enfants. Dès lors que la chèvre se reproduit, l’un des deux animaux  doit par la suite être offert à un autre parent et cette chaîne de solidarité renforce aussi les aspects de la solidarité inter-communautaire. Au total, ce sont près de 247 personnes qui en ont bénéficié. «Après l’agriculture, nous nous sommes heurtés au problème d’eau potable pour la préparation des repas scolaires –  le système de forage s’est avéré le plus efficace dans le contexte environnemental de Shekinah et en faire bénéficier près de 350 ménages»,dit-elle. Il faut dire que les défis majeurs sont nombreux au Burundi et l’émergence du pays passera forcément par une collaboration et intégration communautaire, solidaire avec un volet entrepreneurial.«Pour notre pays, nous avons besoin de structures capables de former les jeunes avec une vraie orientation communautaire et professionnelle. C’est un enjeu pour le développement», assène-t-elle. C’est la raison pour laquelle, une campagne de financement participative a été récemment lancée pour soutenir le développement de la structure. C’est par ce biais que les organisations caritatives, interconnectées entre elles, peuvent apporter leur pierre à l’édifice.

L’impact des Organisations locales sur le continent

Il apparaît désormais impossible de parler d’émergence économique sans codéveloppement social et solidaire. Et les ONGs portent ce discours même si les modes d’actions diffèrent. «J’ai travaillé au  sein des Nations Unies. J’ai démissionné après dix ans de carrière. J’étais convaincue que j’étais plus utile en travaillant différemment auprès de ma communauté», indique Micheline Barandereka car les organisations locales connaissent mieux les défis et les solutions nécessaires dans l’accompagnement de leurs initiatives. La diaspora investie près de 70 milliards de dollars par an vers le continent Africain. C’est un chiffre qui est largement au-dessus des aides bi ou multilatérales», analyse-t-elle. Et le Burundi n’échappe pas à cette tendance qui devrait encore davantage s’accentuer dans les prochaines années avec une implication des diasporas afin d’étendre le plan d’actions à d’autres régions du pays.

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