[Tribune] La transformation digitale, une promesse pour les start-ups africaines

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Adnane Ben Halima.

Par Adnane Ben Halima, Vice-Président en charge des relations publiques pour la région Méditerranée de Huawei Northern Africa.


Une certitude émerge de la pandémie de la Covid-19: le digital est en plein boom, tout comme le domaine technologique dans le secteur des start-ups. Cette transformation s’accompagne d’un constat flagrant : l’Afrique a besoin pour sa transformation économique de renouveau dans sa façon de distribuer et créer de la richesse, et de générer des emplois de qualité.

Ceci passe notamment par des schémas de rupture et par l’innovation, deux tendances clés pour les start-ups. Celles du continent africain ont récolté 2,02 milliards de dollars en 2019, soit 74 % de plus qu’en 2018, selon Partech, des chiffres positifs qui donnent confiance pour se lancer sur le continent ! Pour poursuivre sur cette dynamique encourageante, il est primordial désormais que les États et institutions publiques reconnaissent l’urgence de bâtir des infrastructures et des environnements enclins à propulser le digital comme levier d’accélération pour leurs start-ups nationales. Cela passe par une évolution des cadres éducatif, financier et réglementaire.

En effet, si l’Afrique est le continent le plus jeune du monde, et regorge par conséquent de jeunes talents, l’éducation reste une problématique épineuse. Or, la disponibilité des ressources humaines est un des prérequis du développement digital et de l’écosystème des start-ups. Pour alimenter ces dernières, les États doivent à la fois produire des personnes compétentes dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication, et tout mettre en œuvre pour endiguer la fuite des cerveaux qui est encore trop souvent une constante en Afrique.

En 2018 par exemple, pas moins de 600 ingénieurs et 8 000 cadres supérieurs nés au Maroc ont quitté leur pays. Des statistiques réalisées en 2018 par ReKrute, leader sur le marché de l’emploi au Maroc, mettent en lumière le fait que 91% des Marocains de moins de 35 ans souhaitent partir travailler à l’étranger, que ce soit pour élever leur qualité de vie (56%) ou faire évoluer leur carrière (66%). L’environnement social est donc le premier pilier du développement des entreprises de demain. Lancées dans un cercle vertueux, les start-ups peuvent ensuite elles-mêmes déployer des technologies et des infrastructures puissantes qui peuvent changer les transports, l’éducation, la santé et les processus de recrutement, notamment par la digitalisation, motivant ainsi la diaspora à réintégrer un environnement moins risqué pour leurs investissements.

Les start-ups peuvent ensuite s’appuyer sur la vitesse d’activation du digital qui promet des retours sur investissements plus rapides que dans l’économie traditionnelle. Une étude d’Oxford Economics montre que la vitesse de croissance de l’économie digitale est 2,5 fois plus importante que celle des économies traditionnelles, et que l’investissement dans le digital est 6 fois plus rentable que les investissements traditionnels. La seconde priorité se trouve donc dans le maintien de ces investissements, surtout compte tenu de la crise de la Covid-19. Selon les prédictions de l’Africa CEO Forum, les levées de fonds pour les start-ups africaines devraient chuter de près de 800 millions de dollars en 2020, des prédictions inquiétantes au vu de l’expansion démographique du continent.

Face à ce problème, une impulsion politique doit se développer. C’est le cas en Tunisie où le Start-Up Act mis en place est un exemple à suivre pour les pays maghrébins dans le soutien de leurs start-ups. Cadre juridique inédit porté par le gouvernement, ce projet a été élaboré de façon participative et collaborative par toutes les parties prenantes de l’écosystème entrepreneurial en Tunisie sous la tutelle du Ministère des Technologies de la Communication et de l’Économie Numérique. En fournissant des avantages aux start-ups, aux investisseurs et aux entrepreneurs, tels que la prise en charge par l’État des procédures et frais d’enregistrement des brevets au niveau national et international, le Start-Up Act a permis l’octroi de 248 aides à des start-ups tunisiennes en 2019, leur permettant de prendre leur envol, créant ainsi 2829 emplois.

Grâce à de telles initiatives, la numérisation de l’écosystème des start-ups aura bientôt le potentiel de créer les fleurons des économies africaines, qui participeront largement au développement du continent et à sa reconnaissance sur la scène tech mondiale. Le continent africain a déjà tous les atouts pour faire émerger les licornes de demain, et c’est grâce à la transformation digitale que ce sursaut d’innovation arrivera !

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