Iba Der Thiam.

Professeur d’université, homme politique et syndicaliste, le sénégalais Iba Der Thiam, né en 1937, a tiré sa révérence, samedi soir, à l’hôpital Principal de Dakar.

L’Afrique l’avait découvert deux ans avant la chute du Mur de Berlin. C’était en 1987 dans l’interminable bras de fer entre le sénégalais Ahmadou Mahtar Mbow, alors en lice pour sa propre succession à la tête de l’UNESCO, et l’espagnol Fréderico Mayor, soutenu par le bloc de l’Ouest ou, pour parler en langage d’aujourd’hui, l’Occident.

Dans les coulisses de cette élection où l’Afrique avait réussi à souder ses rangs, l’historien avait exprimé haut et fort ce que tout le monde pensait de Dakar à Lagos, à savoir que l’on ne voulait plus d’africain à la tête de l’organisation. Il faut le dire que les USA, gros contributeur du budget de l’organisation, pour au moins 25%, avait quitté l’UNESCO, suivi par Londres et Singapour. Et à la fin du match, c’est Fréderico Mayor qui fut élu pour sortir l’organisation des griffes du progressisme d’où l’aurait engouffré Amadou Mahtar Mbow dont l’action fondatrice sera, plus tard, à l’origine de l’adhésion de la Palestine au sein de l’organisation suivie, immanquablement, du second retrait des USA.

Quant à Iba Der Thiam, alors ministre de l’Education, il venait d’accéder au rang de panafricaniste qu’il était en fait depuis toujours et qui avait besoin d’un coup d’éclat pour éclore. Né à Kaffrine, dans le centre -ouest du Sénégal, Iba Der Thiam a été membre du Comité scientifique de l’UNESCO chargé d’écrire l’histoire de l’Afrique. Tout dernièrement, le président Macky Sall l’avait nommé coordonnateur de l’Histoire générale du Sénégal des origines à nos jours (Hgs), mission difficile dans un pays où les confréries sont dans une sorte de concurrence mémorielle qui ne dit pas son nom.

Maitre de conférences titulaire en histoire moderne et contemporaine à la retraite, Iba Der Thiam fut ministre de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur de 1983 à 1988 sous le magistère du président de Abdou Diouf. Grand historien, le président du parti politique CDP/Garap-Gui (Convention des démocrates et des patriotes, a tiré sa révérence samedi, au terme d’une vie bien remplie, au service du Sénégal et de l’Afrique.

1 COMMENTAIRE

  1. Je retiendrai de lui une éloquence unique, une compétence sans limite, un labeur inégalé et un courage sans concession. Professeur Iba der n’a jamais laissé indifférent. Son rang de ministre ne l’a jamais empêché d’aller sur les médias pour exprimer ses opinions ou pour mettre en lumière une partie de l’histoire sénégalaise. Son initiative de rebaptiser les établissements scolaires du pays restera gravée dans coeurs. Dors en paix prof.

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