Banque Africaine de Développement (BAD): derrière la reconduction du triple A

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Akinwumi Adesina, président de la BAD.

La Banque Africaine de Développement (BAD) a vu la confirmation de sa note triple A auprès de Standard and Poor’s le 22 juin et auprès de Fitch Ratings le 20 juillet. La note triple A, fondée sur le soutien indéfectible des actionnaires, membres régionaux et non régionaux, devra pour se perpétuer voir la banque relever ses ratios de solvabilité.

Car si elle a bien reconduit le triple A de la BAD, l’agence Fitch Ratings a aussi, dans le même temps, révisé d’un cran à la baisse la solvabilité de la banque estimée à “aa-” contre “aa” auparavant. La dégradation de la solvabilité s’explique, déclare Fitch, en raison de la détérioration de la qualité du crédit du portefeuille de prêts et de garanties. La crise de la Covid-19 est passée par là. En effet, depuis mars 2020, Fitch a dégradé huit pays représentant 29% du portefeuille de prêts de la BAD et attribué des perspectives négatives à sept notations souveraines, qui représentent 27% supplémentaires des prêts de l’institution panafricaine.

La baisse de la solvabilité appelle à la souscription effective de la 7 ème augmentation de capital de 125% souscrite en octobre 2019 et à libérer avant octobre 2021 selon le rapport de Fitch. Or, à l’heure où la notation triple A était reconduite, seuls 6 pays avaient effectivement libéré leur capital dans le cadre de cette souscription. Parmi ces pays, l’Allemagne, la Norvège, la Libye, l’Egypte et l’Afrique du Sud. Le chemin est encore long. Fitch dit espérer dans son rapport que les membres non régionaux libéreront leurs souscriptions avant octobre 2021.

Les projections de Fitch Ratings tablent sur une croissance des opérations de crédit de 8% en moyenne sur un an. Cela entraîne une augmentation significative des décaissements de prêts, notamment en 2020, car la banque apporte une aide d’urgence aux pays membres confrontés à la crise du COVID 19. Le ratio de fonds propres prudentiels de la BAD étant très proche de sa limite de 100% (le ratio d’utilisation du capital-risque était de 94% au 1T20), Fitch note que la capacité de la banque à poursuivre ses décaissements rapides est étroitement liée à la réception de capitaux versés.

De l’avis de Fitch, l’examen indépendant initié par le Bureau du Conseil des gouverneurs du processus et du rapport du Comité d’éthique, sera résolu prochainement et “n’affectera pas la trajectoire des souscriptions à libérer par les actionnaires”. Pour rappel, une importante réunion des gouverneurs a lieu le 27 juillet et devrait trancher sur des questions importantes comme la tenue ou non des assemblées générales sous un format virtuel ou encore (ce n’est pas officiel), l’examen d’une première mouture de l’avant rapport de l’enquête indépendante.

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