Burkina : Détérioration de 108,7 milliards de FCFA des opérations financières de l’Etat au premier trimestre 2020

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Le solde global “base engagement” des opérations financières de l’Etat s’est détérioré de 108,7 milliards de FCFA, s’établissant  à -104,4 milliards de FCFA au 31 mars 2020 contre un excédent de 4,4 milliards de FCFA à fin mars 2019, selon les données établies par le Ministère de l’économie, des finances et du développement (MINEFID) et de la direction générale du trésor et de la comptabilité publique (DGTCP).

Quant au solde global (base caisse), il s’est situé à -108 milliards de FCFA au 31 mars 20120 contre -77,1 milliards de FCFA au 31 mars 2019. « Ce solde a été couvert par un financement intérieur net de 59,4 milliards de FCFA et un financement extérieur net de 50,8 milliards de FCFA », soulignent les responsables du MINEFID et de la DGTCP.

Il ajoutent que le financement intérieur à fin mars 2020 s’est caractérisé par trois  émissions de bons du Trésor, de deux émissions d’obligations du Trésor de valeurs globales respectives de 84,4 milliards de FCFA et 180,2 milliards de FCFA ainsi que par des avances nettes de 74 milliards de FCFA faite à l’administration publique.

Les remboursements se sont situés à 90,4 milliards de FCFA pour les bons du Trésor et à 98,9 milliard de FCFA pour les obligations.

Le tableau des opérations financières de l’Etat (TOFE) affiche un niveau de mobilisation des recettes totales et dons de 457,9 milliards de FCFA contre 431,2 milliards de FCFA à la même période en 2019, soit un accroissement de 26,7 milliards de FCFA en valeur absolue et +6,2% en valeur relative. Cette progression est due aussi bien à la hausse des recettes propres qu’à celle des dons.

Les recettes propres se sont en effet établies à 412,5 milliards de FCFA, en hausse de 4,2 milliards de FCFA (+1,0%) par rapport à fin mars 2019. « Ce résultat est attribuable uniquement à l’accroissement des recettes fiscales qui ont cru de 19,4 milliards de FCFA (+5,8%), les recettes non fiscales ayant marqué un repli de 15,2 milliards de FCFA (+21,1%) »,souligne le MINEFID.

La progression des recettes fiscales s’explique essentiellement par la hausse des  impôts sur revenus et bénéfices  (+17,2 milliards de FCFA) ainsi que par celle de la  taxe sur biens et services  (+3,2 milliards de FCFA).

Quant aux recettes non fiscales, elles sont passées de 72,3 milliards de FCFA au 31 mars 2019 à 57,1 milliards de FCFA au 31 mars 2020. Cette baisse résulte principalement de celle des ventes non industrielles qui ont connu une baisse de 15,3 milliards de FCFA consécutivement aux recettes des licences de téléphonie qui ne sont pas des recettes annuelles.

La mobilisation des dons s’est chiffrée à 45,4 milliards de FCFA à fin mars 2020 contre 22,9 milliards de FCFA à fin mars 2019, soit une hausse de 22,5 milliards de FCFA. Selon les responsables du MINEFID, cette évolution positive est influencée uniquement par celle des dons projets qui ont connu une augmentation de 28,8 milliards de FCFA, les dons programmes n’ayant pas connu de décaissement au cours du  trimestre sous revue.

Les dépenses totales et prêts nets se sont chiffrés à 562,3 milliards de FCFA à fin mars 2020 contre 426,8 milliards de FCFA à la même période de 2019, soit une progression de 135,4 milliards de FCFA. Cette hausse est soutenue par une progression des dépenses courantes de 54,7 milliards de FCFA et des dépenses en capital de 80,2 milliards de FCFA. Les prêts nets de la période sont de 0,1 milliard de FCFA.

Selon le MINEFID, la progression des dépenses courantes est imputable à l’ensemble des postes de cette catégorie. La progression est ainsi  de 29,1 milliards de FCFA pour les dépenses de personnel, de 17,2 milliards de FCFA pour celles des transferts courants, de 3,6 milliards de FCFA pour la charge des intérêts de la dette et de 4,8 milliards de FCFA pour celles liées aux dépenses de fonctionnement. « La progression des dépenses de personnel s’explique par la constatation financière des engagements pris par le Gouvernement vis-à-vis des partenaires sociaux et par la régularisation des situations salariales des agents à travers des avancements statutaires et des intégrations », souligne le MINEFID. Celle des dépenses de transferts courants est liée à l’augmentation des transferts aux ménages ainsi qu’aux subventions aux entreprises publiques.

Les dépenses en capital, en hausse de 85,9% par rapport à fin mars 2019, ont été exécutées à hauteur de 173,6 milliards de FCFA à fin mars 2020. Cette progression est expliquée principalement par celle des investissements sur ressources extérieures qui ont progressé de 78,4 milliards de FCFA, les investissements sur ressources propres n’ayant connu qu’une hausse de 1,8 milliard de FCFA.

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