Hebdo des devises africaines: le naira sous pression, le rand se rebiffe, le shilling plombé par le “zéro TVA”

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Par Terry Karanja, Treasury Associate et Murega Mungai, Trading Desk Manager de AZA.


La semaine a été agitée sur le front des devises africaines. La hausse de la demande en dollars exerce des pressions sur la Banque Centrale du Nigeria (BCN) pour qu’elle amorce une nouvelle vague de dévaluations, comme on l’a vu en mars dernier, dans le but de stimuler les exportations, rapportent les analystes de Aza dans leur bulletin hebdomadaire.

En guise de solution provisoire, la banque centrale nigériane (BCN) a sondé certains négociants pour avoir prétendument procuré des devises étrangères afin d’importer des éléments désignés comme non valides pour le marché des changes du Nigeria. La BCN espère assurer la stabilité financière dans le contexte de nouvelles projections du FMI selon lesquelles les pays africains producteurs de pétrole dirigés par le Nigeria pourraient perdre 34 milliards de dollars de recettes en raison du krach pétrolier survenu plus tôt cette année. Alors que le pétrole brut a remonté à plus de 40 $ le baril cette semaine, le naira est passé de 460 à 462 par dollar. “Nous prévoyons une pression négative soutenue”, estime Aza.

En Afrique du Sud, les données montrant que l’économie s’est contractée de 2 % au premier trimestre, prolongeant la récession à partir du quatrième trimestre de 2019, ont eu peu d’impact sur le rand, car il a reculé par rapport aux récents creux, alors que l’appétit pour le Risk global augmentait et que le dollar reculait. Le Rand a grimpé de 1,8% pour la semaine de 17,37 à 17,06 au dollar. Avec la croissance de l’emploi aux États-Unis bien au-dessus des attentes, le Rand surfera la vague Risk global dans les prochains jours.

Le shilling du Kenya a légèrement baissé au cours de la semaine à 106,45/65 niveaux par rapport à 106,35/55 dans un contexte de demande accrue en dollars des importateurs d’énergie et des entreprises multinationales suite à la réunion des OPEX. Par ailleurs, un projet de loi de finances visant à protéger les Kenyans des effets négatifs du Covid-19 a été signé par le président Kenyatta cette semaine, imposant un taux de TVA Zero sur plusieurs articles. “Nous prévoyons une légère pression supplémentaire sur le shilling, tirée par la demande de pétrole et d’intrants manufacturiers”, estime Aza.

Le shilling ougandais s’est maintenu aux niveaux de 3 720 à 3 730 cette semaine, soutenu par l’approbation par la Banque mondiale d’une aide de 300 millions de dollars pour stimuler la reprise économique et lutter contre les effets du coronavirus. Nous prévoyons que le shilling se maintiendra autour de ces niveaux dans la semaine à venir.

Avec la réouverture des écoles tanzaniennes et le retour presque à la normale de l’économie, le shilling demeure stable, la demande en dollars des producteurs de pétrole et d’autres intrants importés au début du mois étant compensée par les recettes provenant des exportations agricoles. Le shilling a connu une légère appréciation cette semaine à 2 307 contre 2 310 par dollar. Un indicateur économique positif est venu de la Banque mondiale, qui cette semaine a déclaré la Tanzanie un pays à revenu intermédiaire inférieur cinq ans plus tôt que prévu, car le PIB par habitant est passé de 1 020 $ en 2019 à 1 080 $ en 2020. “Alors que nous nous préparons pour les prochaines élections présidentielles en octobre, il n’y a pas trop de pression à ce stade pour le président Magufuli en tant que candidat désigné”, estiment les analystes de Aza


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