Covid-19: derrière la ruée silencieuse des banques américaines vers l’or

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Le voyage de Kankan Moussa en 1324 à la Mecque est un moment important de l'histoire de l'or. L'empereur de ce qui correspond aujourd'hui à une partie du Mali et de la Guinée, avec à sa suite 60 000 hommes, 12 000 serviteurs et esclaves, chargés d'or, a fait chuter le cours du métal précieux.

Alors que l’once d’or a perdu 3 dollars, clôturant sa séance de jeudi à 1764 dollars à Londres, nombre d’acteurs des marchés financiers se demandent si le métal jaune n’a pas atteint finalement son pic. Les investisseurs qui se sont abrités derrière cette valeur refuge depuis le début de la pandémie covid-19 (ce qui explique d’ailleurs son bond de 33% depuis le début de l’année) commencent à sentir qu’il est temps de prendre de nouveaux risques et d’alléger leurs placements sur une valeur qui ne verse ni coupon ni dividendes pour miser sur des actifs plus risqués et plus rentables ?

L’évolution du cours du vieux métal, utilisé depuis 5 000 ans en de pareilles circonstances, reste inversement proportionnel à la courbe des actifs sans risques. Les obligations d’Etat, notamment le “U.S. 10 Year Treasury Note” étant désormais à taux négatif, la relique de Kanka Moussa devrait encore rester pour quelques semaines, un rempart contre l’incertitude. D’où la ruée des banques majeures qui se mettent à l’abri en craignant que les programmes d’assouplissement quantitatifs n’affaiblissent les monnaies fiduciaires. A la fin du mois de mars, soit un mois après le début de la crise du coronavirus, deux banques détenaient plus de 2 milliards de dollars d’or : Bank of America et Morgan Stanley.

Mais pour autant, la prévision du cours de l’once à 3 000 dollars ne semble pas réaliste en dépit de l’enthousiasme grisant de nombre d’analystes. Mais quand Blackrock triple sa position en achetant près d’un milliard de dollars d’or au premier trimestre, il y a forcément des interrogations à se faire. Dans le sillage du plus grand gestionnaire d’actifs dans le monde, Well Fargo et UBS ont suivi renforçant solidement leurs positions. Et si l’on ajoute à ces grands mouvements, celui, plus discret, des banques centrales, qui ont acheté 145 tonnes au premier trimestre (du jamais vu depuis 2013 selon le World Gold Council, alors il n’y a plus de doute: l’or est à accumuler dans les portefeuilles sans toutefois se faire trop d’illusions quant à sa grande profitabilité.

1 COMMENTAIRE

  1. Please elaborate on your comment that the US 10Y Treasury yields negative. How is that the case?
    Fed Funds target is at 0%-0.25%, and the UD yield curve is upward sloping.
    Thank you.

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