Barthélemy Kouamé : “pour nous, Adesina est innocent jusqu’à preuve du contraire”

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Barthélémy Kouamé, commissaire général du trophée Babacar Ndiaye.

Pour le Commissaire Général de The Africa Road Builders – Trophée Babacar NDIAYE, le président de la Banque Africaine de Développement, Akinwumi Adesina, est innocent jusqu’à preuve du contraire. Entretien.


Finalement, la conférence inaugurale de la 5e édition de The Africa Road Builders – Trophée Babacar NDIAYE, aura lieu le 13 juillet par visioconférence. Une conférence en ligne garantit-elle les objectifs que vous poursuivez ?

Le coronavirus ne nous a pas donné d’autres choix que de reporter cet important rendez-vous qui devait se tenir à Dakar, au Sénégal, le 26 mars dernier. La salle avait bien été réservée à l’hôtel Pullman Terranga, d’autres dispositions pratiques avaient également été prises et c’est avec beaucoup de peine que nous avons été obligés de reporter. En reportant, nous espérions un retour à la normale dans des délais relativement courts. Ce qui n’est pas le cas. Aussi, faut-il noter que la conférence inaugurale se tient en prélude à une seconde conférence qui est la conférence finale. Cette dernière doit absolument se tenir à l’occasion des Assemblées Annuelles de la BAD dont les nouvelles dates sont désormais fixées à fin août. C’est donc en tenant compte de tous ces paramètres que nous avons fixé la nouvelle date de la conférence inaugurale au 13 juillet. Et comme le contexte de crise sanitaire n’est pas encore évacué, la visioconférence est la meilleure option qui s’offre à nous. Nous pensons qu’elle est tout aussi pratique mais elle fait mieux que garantir nos objectifs. Je pense que cette crise, malgré sa violence, nous aura permis de faire des avancées qu’on pourra capitaliser en toutes circonstances. Par exemple, la conférence inaugurale de cette année pourra toucher en temps réel tout le continent et même au-delà, et accentuer la promotion de la route et des transports. Ce qui n’était pas le cas pour les quatre précédentes éditions.

Votre communiqué souligne que le président de la BAD est le parrain alors que des voix s’élèvent pour réclamer sa démission. Que pensez-vous de l’actualité de la BAD en ce moment ?

Effectivement le président de la BAD est le parrain de l’événement. Cela ne date pas de maintenant. Cela dure depuis 5 ans, depuis la première édition. Que des voix s’élèvent pour que le président Adesina démissionne, cela relève du bon fonctionnement de la démocratie et de la liberté d’expression. C’est le droit des auteurs de ces voix de s’exprimer dans ce sens. Mais nous sommes dans une société organisée et on n’agit pas parce que quelqu’un ou des gens ont crié. Nous apprenons que les Etats-Unis demandent une enquête indépendante sur les allégations d’un groupe de lanceurs d’alertes. Ce qui est également tout à fait légitime et normal. Pour moi le président Donald Trump est l’un des plus grands présidents des Etats-Unis que notre génération connait. Il est pragmatique et il travaille pour l’efficacité. Que son administration demande une enquête indépendante après les dénonciations du groupe de lanceurs d’alertes, cela me parait tout à fait cohérent. Mais cela ne signifie pas que le président de la BAD va démissionner immédiatement. Il peut le faire, selon ses convictions propres mais il n’est pas obligé de le faire. On ne peut pas appliquer les conclusions d’une enquête qui n’existent pas encore. Je lui conseille donc de ne pas démissionner. Je vais prendre l’exemple du président Trump qui subit des pressions et des coups tous les jours. On lui a même collé une enquête visant à le destituer. Les auteurs espéraient qu’il démissionne avant la fin de la procédure mais il a tenu bon. A la fin, il a été maintenu à son poste et je peux dire que c’est toute l’Amérique qui a gagné. Ici aussi, il faut que l’institution, la BAD, soit le grand gagnant au bout de la procédure. Il faut que l’Afrique soit le grand gagnant. La période difficile que le monde entier traverse à cause du COVID-19 ne nous autorise pas des raccourcis qui vont fragiliser davantage l’Afrique.

Cela ne ternit-il pas l’image de votre événement ?

Non. Une image se construit avec un peu de toutes les circonstances. Tout le monde souhaite vivre constamment dans des circonstances heureuses mais il faut savoir qu’il y aura toujours des circonstances malheureuses. Au lieu de les fuir, il faut plutôt chercher à les comprendre et à œuvrer pour des vents favorables. Ce qui se joue actuellement, c’est l’intérêt de la BAD. Il s’agit donc de l’intérêt de l’Afrique. Je sais que des gens voudraient voir M. Adesina quitter ses fonctions dès aujourd’hui mais ce n’est dans l’intérêt de la BAD et de l’Afrique de brusquer le mandat du président de la BAD. La présidente du Bureau du Conseil des gouverneurs, la ministre ivoirienne Mme Nialé Kaba, a précisé mercredi dans un communiqué de presse que la démission n’est pas à l’ordre du jour. Cela va dans le bon sens. Il faut donc laisser les procédures se poursuivre, y compris l’enquête indépendante si elle a lieu. Au bout de la chaine, on fera le point et chacun tirera toutes les conclusions qui en découlent. Pour nous, M. Adesina est innocent jusqu’à ce qu’il soit prouvé le contraire. D’ailleurs, le comité d’éthique interne l’a déjà blanchi une fois. Ce qui renforce son innocence jusqu’à ce que le contraire soit démontré.

L’année dernière, c’est le président Adama Barrow qui a remporté le Trophée Babacar NDIAYE. Pouvez-vous nous dire quel est le Chef d’Etat qui sera couronné cette année ?

Chez nous aussi, il y a des procédures. Avant la conférence inaugurale, il y a un comité de sélection qui se réunit et qui choisit le lauréat. Les membres du comité sont issus des médias de toutes les parties de l’Afrique. Et le choix peut conduire à un vote. Vous me donnez donc l’occasion de féliciter encore le président Barrow dont le trophée a été réceptionné l’an dernier par le ministre finances de la Gambie, M. Mambury Njie. Je me souviens que le président Barrow a été désigné au deuxième tour du vote. Cette année, le comité de sélection se réunira à nouveau quelques jours avant la conférence inaugurale qui est prévue pour le 13 juillet. Ce sont les résultats du comité de sélection qui seront proclamés à la conférence inaugurale, par le comité lui-même. Mais il faut noter qu’il s’agit aussi d’une conférence avec des communications. Le thème 2020 est : « Routes et transports pour améliorer la qualité de vie des populations en Afrique ». Je voudrais dès maintenant inviter tous les Africains et tous ceux qui ont un intérêt en Afrique à se mobiliser pour le succès de cette conférence. L’objectif au bout, c’est de voir en Afrique des routes moderne et développés, avoir des transports agréables et pratiques pour tous. L’Afrique a un très gros retard dans le domaine. Cela n’est pas dû à un manque de moyens. Il y a une volonté agissante permanente que nous devons avoir.

1 COMMENTAIRE

  1. Des organismes à n’en pas finir. Des dépenses inutiles par rapport aux résultats attendus. Une bureaucratie structurelles consommatrice et très vorace en gaspillage de ressources. Assez de ces organismes qui n’existent et ne prospèrent que par la la mise sur pied d’une politique de communication avec ses multiples facettes de stratégies basées sur des intérêts donnant donnant sans rapport avec un résultat durable.
    Quelle valeur ajoutée l’octroi de ces prix nobels a engendré par rapport au developpemt de l’Afrique? Les organismes ne doivent ils pas repenser leur objectifs et actions en partant des besoins courants et problèmes structurelles du continent?
    L’autre disait que l’Afrique est mal parti ! L’autre penseur disait que l’Afrique est maudit! Veut on leur donner raison ?

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