Donald Trump et la bible: où s’arrêtera la communication politique ?

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Donald Trump dans une posture communicationnelle sans équivoque.

Sous les objectifs des caméras et la fumée des lacrymogènes, le président américain s’est rendu lundi sur le parvis de l’église St-John, située à quelques pas de la Maison Blanche et endommagée par un feu dimanche soir. Pas pour se confesser puisque la sainte maison de Dieu était fermée ainsi que le rappelle CNN. Mais pour prendre une pause longue, la main droite tenant le livre le plus lu au monde, et sortir cette lapalissade: “Nous avons un grand pays”.

Une manière pour le candidat républicain, brièvement réfugié dans son bunker 24 heures plutôt, de flatter l’aile droite de son électorat conservateur face à une foule d’américains, de toutes les races, réclamant la justice après la mort d’un africain américain de 46 ans, étouffé sous le genou d’un policier blanc à Mineapolis.

Depuis cet acte raciste dénoncé dans le monde entier, de Londres à Ottawa, les déclarations de la Maison Blanche, au lieu de rassurer, s’en tiennent aux mêmes éléments de langage qui ont permis à l’improbable président américain de battre Hillary Clinton en novembre 2016. Les manifestants sont des “voyous”, des “terroristes intérieurs”. “Je suis le président de la loi et de l’ordre”, il faut protéger “les propriétés” etc…

Des tweets de plus en plus violents.

“”Si une ville ou un Etat refuse de prendre les décisions nécessaires pour défendre la vie et les biens de ses résidents, je déploierai l’armée américaine pour régler rapidement le problème à leur place”.

Celui que d’aucuns traitaient de rigolo il y a cinq ans use d’une rhétorique brutale consistant à faire croire qu’il faut dire les choses telles qu’elle, que la force militaire est plus efficace pour ramener la paix que le dialogue, arme des faibles. Aux yeux des spins doctors qui conseillent le 45 ème président des Etats-Unis d’Amérique, cultiver le clivage soigne mieux la cote de popularité que le consensus, associé à la mollesse et à Joe Biden, candidat démocrate, qualifié de “dormeur” car confiné.

Cette posture de dur plait aux extrémistes et fait de Donald Trump le défenseur des suprémacistes en déphasage total avec une rue de toutes les couleurs. Suffisant pour lui redonner le costume perdu du favori aux présidentielles de novembre 2020 ? That is the question.

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