Le coronavirus pousse l’or vers les sommets au profit de l’Australie et au détriment de l’Afrique

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On le répète depuis 5000 ans, l’or est la valeur refuge. À 1.734 dollars l’once d’or vendredi à 17h, le cours du métal précieux porte son avance depuis le début de l’année à +13,5%. Le métal jaune est dopé par les inquiétudes, le confinenement, la recherche du vaccin, l’insaisissable remède, les tweet de Donald Trump, l’agenda de Pékin et des politiques publiques du sauve-qui-peut qui montrent leurs limites.

Dans ce climat d’incertitudes, l’or avait même tutoyé le niveau des 1 800 dollars avant de vite battre retraite, le 20 mai, sous l’effet des prises de bénéfice et, aussi, suite à l’annonce d’un essai prometteur du vaccin Moderna.

La dépréciation prévisible des devises (dollars, euros) sous les politiques d’asspoulissement quantitatif (la FED a un bilan de 7 000 milliards de dollars) ajoutées aux incertitudes géopolitiques expliquent cette course aux abris, déclare en substance Charles-Edouard Bilbault, gérant chez Rothschild & Co Asset Management Europe au site “Mieux Vivre”.

Les investisseurs qui ont placé 4 500 milliards d’euros dans des produits à rendements négatifs se tournent vers l’or physique, à travers les fonds indiciels ETF et les lingots, qui évoluent sur un plus haut en quatre ans en contraste avec le repli du marché de la bijouterie alimenté par les acheteurs chinois et indiens. Pendant ce temps, Morgan Stanley, Bank of America, UBS, Wells Fargo et Blackrock ont augmenté leurs avoirs en or de près de deux milliards de dollars au cours des trois premiers mois de l’année 2020, pour les porter à plus de sept milliards au total. Le plus grand gérant d’actifs au monde a notamment triplé sa position en misant sur une once à 3 000 dollars.

Les producteurs africains en petite forme

En Afrique du Sud, la mine de Mponeng du géant AngloGold Ashanti a été fermée le 24 mai 2020 après la découverte de 164 cas de coronavirus. En Afrique de l’Ouest, Endeavour qui a produit 172 000 onces d’or au premier trimestre 2020 est entrain de finaliser la fusion-acquisition de Semafo pour 1 milliard d’or sur six mines d’or au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée et au Mali. En Mauritanie, Kinross relance son méga -projet d’extension de sa mine mais doit faire avec un climat social instable.

Dans cette zone de forte volatilité, le continent est plutôt en perte de vitesse. C’est bien l’Australie qui est en passe de devenir le premier producteur du métal jaune devant la Chine, selon le dernier rapport de “Resources Monitor”. Cinq pays détiennent la moitié des ressources naturelles d’or mondiales encore disponibles : l’Australie (10.000 tonnes), la Russie (5.300 tonnes), l’Afrique du Sud (3.200 tonnes), les États-Unis (3.000 tonnes), et l’Indonésie (2.600 tonnes), soit 24.100 tonnes cumulées pour ces cinq pays sur un total de 48.700 tonnes encore présentes sous terre. Le top 3 africain est dominé par le Ghana, l’Afrique du Sud et le Mali.

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