Covid-19: la révolution financière de l’UE, un chemin à suivre par l’Afrique

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Le couple franco-allemand à la pointe de la révolution financière européenne.

L’Union Européenne a décidé de lever 750 milliards d’euros sur le marché avec une période de grâce de 8 ans et un remboursement étalé sur 30 ans. Il s’agit d’une initiative historique baptisée plan franco-allemand qui a obtenu difficilement le feu vert de la chancelière allemande, Angela Merkel, longtemps rétive à l’idée de voir les fourmis germaniques (championnes de l’épargne) venir en aide aux cigales italiennes, espagnoles et françaises (lourdement endettées).

L’emprunteur est la Commission Européenne. Concrètement, 500 milliards de dollars de ce prêt seront donnés aux Etats sous forme de subvention directe et 250 milliards d’euros sous forme de prêts à rembourser. Ce plan rendu possible suite à la rencontre au sommet (par visio-conférence) entre Emmanuel Macron et Angela Merkel vise à venir en aide aux Etats, secteurs et régions les plus impactés. “L’Etat-Nation seule n’a pas d’avenir”, a déclaré Angela Merkel.

“L’Allemagne ne peut réussir que si l’Europe réussit”, s’est-elle adressée particulièrement à ceux, nombreux parmi ses concitoyens, qui ne sont pas convaincus de la solidarité européenne. Les Pays Bas, l’Autriche, la Suède et le Danemark sont opposés à cette initiative qualifiée d’union de la dette tout en se disant plus ou moins favorables à des prêts de premier secours pour les pays qui ne peuvent s’endetter sur le marché financier.

L’aide est conditionnée à la volonté de réformes, d’investissements et de prise en compte de la transition écologique. En fonction des besoins exprimés, l’Italie pourrait ainsi toucher 82 milliards d’euros, l’Espagne 77 milliards d’euros, la France 39 milliards d’euros et l’Allemagne 29 milliards d’euros.

Une telle initiative appliquée à l’Afrique, actuellement à la recherche de 100 milliards de dollars pour faire face à la pandémie covid-19 verrait la Commission de l’Union Africaine, soutenue par les 54 pays du continent, lever de l’argent pour accélérer la construction des infrastructures d’intégration capables de générer suffisamment de profits pour rembourser l’argent emprunté. L'”Africa bond” sera mis à profit pour construire des chemins de fer (Dakar Bamako Abidjan, la boucle du Niger), construire des corridors (Abidjan-Lagos) et, entre autres, des autoroutes, des centrales électriques… Il ne s’agira pas comme dans le cas de l’Europe, de concéder des subventions directes ou aides sociales mais de permettre à l’Union Africaine de transformer sa vision 2063 en réalité à travers la mise en place des infrastructures et des réformes facilitant la convergence. En Europe, le couple franco-allemand s’est engagé et a réussi à faire de son plan révolutionnaire, aux côtés de l’autonomie stratégique du vieux continent, le sujet principal du prochain sommet européen prévu le 18 juin. Verra-t-on le G6 africain, Nigeria, Afrique du Sud, Egypte, Algérie, Maroc et Kenya s’engager au nom de la concrétisation de l’Union Africaine ? Le président de la commission de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat s’inspirera-t-il du leadership de sa consoeur de l’Union Européenne, Ursula von der Leyen? C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

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