En Israël, 10 ministres d’origine marocaine dans le nouveau gouvernement : un signe d’ouverture ?

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Un gouvernement formé après 500 jours de blocage.

Le tout nouveau gouvernement d’union nationale du Premier ministre Benyamin Netanyahu a reçu le feu vert du parlement dimanche 19 mai 2020. Particularité de ce nouvel attelage formé entre le Likoud (droite) de Netanyahou et la formation centriste de son rival Benny Gantz, qui met fin à 500 jours de crise politique, la présence de 10 ministres d’origine marocaine sur un total de 34, un chiffre inédit, relevé par le quotidien marocain l’Opinion, organe du parti Istiqlal, plutôt conservateur.

Cette force présence “marocaine” pourrait annoncer le début d’une nouvelle ère de décrispation entre l’Etat Hébreux et le monde Arabe. Est-ce à dire que le plan américain de résolution du conflit israélo-palestinien (d’ores et déjà rejeté par les palestiniens ) , en phase de négociation à partir du 1er juillet prochain, bénéficie d’un climat favorable ? Rien n’est moins sûr, la Ligue Arabe, soutenue par l’Union Européenne, réaffirmant mercredi que “le passage du gouvernement israélien à l’étape de l’annexion aura de graves répercussions sur la sécurité régionale”.

Pour le moins, avec ce gouvernement, les intellectuels originaires du Maroc qui appellent à l’enseignement de l’histoire des juifs arabo-mizrahi, à la reconnaissance de leur culture arabe et à organisation de voyages au Maroc pourront obtenir gain de cause dans leurs revendications spécifiques.

Le plus connu d’entre ces ministres est certainement Amir Peretz, ministre de l’Economie et de l’Industrie, né en 1952 à Bejaâd, dans la région de Béni Mellal-Khénifra, dans le Moyen -Atlas marocain. Quant au ministre de l’Intérieur, Aryeh Deri, il est aussi originaire du Moyen Atlas, une région historiquement connue pour la cohabitation entre juifs, berbères et plus tard arabes dès l’an 70. Autre ministre d’origine marocaine, David «Dudi» Amsalem, ministre chargé des Relations avec le Parlement.

Même s’il est né à Jérusalem en 1960, le conservateur Rafi Peretz, ministre des Affaires de Jérusalem, du Patrimoine et des projets nationaux, est de parents marocains. Ancien officier de Tsahal, il est également rabbin et dirigeant du parti politique conservateur « Le Foyer juif » ou HaBayit HaYehudi. Le nouveau ministre s’est engagé à «représenter le sionisme religieux en renforçant Jérusalem, notre capitale éternelle».

Autre figure d’origine marocaine, Miri Regev, ancien soldat, ministre des Transports, née en 1965 à Kiryat Gat, en Israël, d’un père marocain et d’une mère espagnole. De même Michael Biton, ministre chargé des questions civiles auprès du ministère de la Défense, est né à Yeruham, en Israël, en 1970. Il est de parents marocains et conserve des attaches fortes avec le royaume.

Quant à Orly Levy, ministre de l’Autonomisation et de la Promotion des communautés, il est né à Beït Shean, Israël, en 1973, de parents marocains, avec des attaches avec le royaume. Fondatrice et dirigeante du parti centriste laïc Gesher, elle est la fille de David Levy, ancien ministre des Affaires étrangères, lui-même né à Rabat. Dans le même registre, «la nouvelle étoile montante du Likoud», Amir Ohana, affichant ouvertement son homosexualité, est ministre de la Sécurité intérieure, né à Beersheba, en Israël, en 1976, de parents marocains.

Meirav Cohen, ministre de l’Egalité sociale et des seniors, est la benjamine de l’actuel cabinet. Née à Jérusalem en 1983, de parents marocains, elle est la fille de Saadia et Shulamit Cohen qui avaient émigré en Israël. Enfin, Makhlouf « Miki » Zohar, représentant de la coalition au Parlement, est né à Kiryat Gat en Israël en 1980, de père marocain et de mère tunisienne, détaille H24 qui, à l’instar de nombreux médias marocains, a traité de la question. .

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