Analyse BRVM: la SODECI n’y arrive toujours pas

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Le cours de la SODECI a été divisé par quatre depuis l'annonce, en 2016, de la fin du monopole de la distribution de l'eau.

Les années se suivent et se ressemblent pour la Société de Distribution d’Eau de Cote d’Ivoire (SODECI). Le 30 avril dernier, la compagnie a présenté ses résultats pour l’exercice 2019. A l’instar des années précédentes, on peut noter une hausse des revenus sur la vente de l’eau et une stagnation des profits.

Un chiffre d’affaires qui prend eau

Le chiffre d’affaires de la SODECI est composé essentiellement de deux postes: la vente d’eau et les travaux effectués. Pour 2019, il est en repli de 1,95 milliards (-2%). Cette baisse s’explique par la contraction de 20% de la branche “travaux éffectués” (-7,7 milliards) malgré une hausse de 9% de la vente d’eau (+5 milliards). En dépit de ce ralentissement, la tendance haussière du chiffre d’affaires constatée depuis 10 ans (voir graphique) est toujours palpable portée par un meilleur accès à l’eau potable. En effet le taux d’accès est passé de 60% en 2007 à 80% en 2018 selon le rapport national volontaire sur la mise en œuvre des objectifs de développement durable publié en juin 2019. Cette hausse a boosté les ventes d’eau potables (+40%) entre 2014 et 2019.

Des charges d’exploitation en baisse

Les charges d’exploitation sont en baisse de 1,8%. Cette baisse due essentiellement à un repli des dépenses liées aux services extérieurs de l’entreprise (-3,2 milliards) a été atténué par la hausse des achats (+2,1 milliards) lié à la production d’eau potable.

Malgré cette contraction de charges, la SODECI n’arrive toujours pas à faire croître significativement ses profits. En effet depuis 2014, les profits de la compagnie oscillent entre 2,7 et 3,1 milliards malgré une hausse de 40% des produits liés à la vente d’eau (+17,8 milliards entre 2014 et 2019)

En analysant de plus près la structure de coûts de l’entreprise entre 2014 et 2019, on peut noter que la hausse des ventes d’eau s’est accompagnée de la hausse des achats de matières premières consommées (+13,4 milliards) et la hausse des charges de personnel (+3,9 milliards). Autrement dit, les ressources générées par la croissance ont été consommées par les facteurs qui ont généré cette même croissance de sorte que celle-ci n’a été d’aucun profit pour les actionnaires.

Un rendement qui bat les DAT

Le résultat net 2019 est hausse de 3% par rapport à 2018 bien qu’il reste sensiblement au même niveau depuis 2016. L’entreprise propose une enveloppe de 2,95 milliards aux actionnaires au titre des dividendes 2019. Cela correspond à un dividende unitaire de 292,5f par action soit un rendement de 10,63% au 30/04/2020. Ce rendement est très intéressant si on le compare aux rendements des placements bancaires (3,5%) et obligataires (5,5% – 6,5%). De plus, l’entreprise évolue dans un secteur qui sera relativement épargné par la crise du COVID 19. Tous ces éléments pourraient militer en faveur d’un titre dont le cours de bourse a été divisé par quatre depuis avril-mai 2016, date à laquelle le gouvernement ivoirien a évoqué la fin du monopole dans le secteur.

BRICE KOUAO, l’Ecole de la Bourse


NB: en raison de la crise du covid-19, les cours de l’Ecole de la Bourse sont dispensées temporairement par Whatsapp :

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