Enquête: salmigondis au Congo, de l’affaire Christian Okemba à la détention de Nicolas Okandzi

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Le maire de Brazzaville, Okemba Christian, aujourd'hui en prison, a secoué beaucoup de directions au ministère congolais des Finances.

Enquête réalisée par Rodrigue Fénelon Massala, grand reporter.


Début mars, une rocambolesque affaire de détournement des deniers publics a secoué le milieu de l’establishment  politico-financier congolais avec des répercussions qui éclaboussent la  chaîne des services financiers du Congo. Comme un coup de tonnerre, la Christian Roger Okemba «Gate», du nom du  maire  de la ville de Brazzaville, aujourd’hui en détention, a ouvert une autre  affaire qui a abouti à l’arrestation – que d’aucuns qualifient d’«arbitraire» – de  Nicolas Okandzi,  Directeur général du budget. Enquête et décryptage d’une affaire révélatrice de la guerre des écuries au sein du pouvoir congolais.


Tout est parti, selon nos sources,  d’un juteux  financement de l’Agence Française de développement  (Afd), octroyé au Congo  dans le volet “Coopération décentralisée” que la France expérimente avec plusieurs entités décentralisées en Afrique. Puis d’un autre financement d’appui budgétaire  de la Banque Africaine de développement  (Bad).  

  En effet, par courrier datant du 27 janvier 2020, intitulé en objet «mise à disposition», le maire de la ville de Brazzaville, Christian Okemba, saisit le ministre des Finances pour demander, en rapport avec les deux financements susmentionnés plus haut, la quote-part de la mairie de Brazzaville qui s’élève, selon les termes du courrier dont Financial Afrik a copie,  à 1.250.000 000 Cfa, soit environ 1,9 million d’euros. . 

 Toutefois, il sied de noter qui que le maire de Brazzaville, aujourd’hui en détention à la maison d’arrêt, a bien notifié dans son courrier adressé au ministre des Finances le caractère urgent de sa demande en précisant la nature des travaux et le nom de la société qui exécute les travaux (Af-Nora). Une société qui porte le prénom de la fille du maire,  étudiante en Chine, et qui a comme principale dirigeante offshore  la propre épouse du maire.

  Accusant réception du courrier, le ministre des Finances qui, selon nos sources, est indisponible pour cause de maladie depuis un moment, a amputé le courrier à son directeur de cabinet, le nommé Henri Loundou. Ce dernier, après examen du dossier du maire de la ville de Brazzaville,  qui est l’ordonnateur des dépenses au niveau de la mairie centrale, aurait le même jour  demandé,  verbalement dans un premier temps, au directeur général du budget, Nicolas Okandzi, qui est l’ordonnateur délégué de la République en l’absence du  ministère des Finances,  d’engager la mise à disposition sollicitée par le maire dont l’ombre  rodait autour des circuits financiers du ministère.

Nicolas Okandzi, directeur général du Budget.

  Le directeur général du Budget a, selon nos sources, demandé au directeur de Cabinet du ministre des Finances de le saisir par courrier afin qu’il engage la procédure conformément à la réglementation en vigueur.   Ainsi, le même jour , soit le 27 janvier, le directeur de Cabinet du ministre des Finances saisit formellement le directeur  général du Budget par courrier, intitulé en objet «demande d’engagement»,  de bien vouloir engager selon la procédure d’urgence le décaissement de la somme 1.250.000 Cfa au profit de la mairie de Brazzaville. Le directeur de cabinet du ministre des Finances prend le soin de préciser dans le courrier adressé au directeur général du budget (Dgb), que ladite dépense est imputable sur les crédits du ministère de l’Intérieur et de la décentralisation, exercice 2020. C’est en exécution des instructions du directeur de cabinet du ministre des Finances que le Dgb a engagé la procédure de paiement par anticipation (Ppa).

Zones d’ombre dans les circuits

   Au regard de tout ce qui précède, lorsque nous nous penchons dans la sphère du circuit des engagements de la procédure de la dépense, cela nous permet de bien cerner le cheminement de ce dossier. Comme nous l’avons indiqué d’emblée,  au départ il y a eu un courrier de la mairie demandant l’exécution d’une  ligne émanant d’un appui  budgétaire. C’est à la suite de cette demande  au ministre des Finances que normalement le ministre a instruit  a son directeur de cabinet,  qui se trouve être le prolongement de l’administration et le coordonnateur des services centraux, d’instruire le DGB qui est un service de son ministère. Le DGB, il sied de le noter, a comme instrument de travail la loi des Finances . Il regarde si la ligne budgétaire est bien prévue et l’exécute. Si la ligne n’existe pas, il écrira au cabinet qui à son tour enverra une lettre à la mairie pour notifier le rejet de la demande.

  Cependant dans ce dossier,  la ligne budgétaire est belle bien inscrite donc exécutable notamment en procédure d’urgence. Le DGB  étant  l’ordonnateur  délégué,  investi des prérogatives conformes à la loi,   ordonne  la dépense qui sera engagée puis mandatée pour le payement.  Ensuite, le Directeur général  du contrôle du budget, le nommé Molomba, investi des prérogatives de  contrôleur financier de la République, intervient à son tour dans le circuit. 

Une fois la dépense engagée, il procède au contrôle des pièces jointes de l’objet de la dépense, du mode de règlement ainsi qu’à l’effectivité de la ligne budgétaire en amont comme en aval,  selon les règles de l’art et dans les normes requises. Ce n’est qu’après cette étape que le comptable de la République, le directeur général du Trésor, le nommé Albert Ngondo, investi des prérogatives de  trésorier-payeur général,  procède au paiement  de la dépense une fois comptabilisée.

 Dans la logique, le dossier commence chez le gestionnaire de crédit (l’ordonnateur) de la structure et transite  au Budget chez l’ordonnateur délégué de la république qui est le DGB qui signe en  lieu et place du Ministre des Finances. Le Dgcb est là pour contrôler les failles du Budget, si le principe n’est pas respecté, il le rejette. Il joue le  rôle sacro-saint   du contrôleur financier de la République. Dans les normes de la comptabilité et des finances publiques, le directeur général du trésor, Albert NGONDO, ne peut pas payer sans l’aval du Contrôleur financier le Dgcb. Interrogé sur les procédures de décaissement, un cadre des finances  nous explique :  « Albert  Ngondo  ne peut pas payer  sans le visa du Dgcb Molomba; c’est  quasiment impossible dans le principe des ordonnateurs et des comptables publics. Si le Dgcb n’avait  pas visé ce  Paiement par anticipation (Ppa), le directeur général  n’allait pas payer cette dépense». 

 Par ailleurs,  en scrutant les contours de l’affaire Christian Okemba «gate», nous nous apercevons que dans la chaîne et dans le circuit, il y a des zones d’ombre et des anomalies qui suscitent plusieurs interrogations.  En principe si nous suivons le cheminement des procédures,  les fonds alloués  devraient  être virés au compte du trésor public à la recette municipale de la mairie de  Brazzaville,  autrement dit à  la perception.  Ce service est dirigé par une nièce du président de la République du Congo, la nommée Ines  Mouebara Nguesso. «L’ une des  fautes graves révélées à fortiori   dans ce dossier est le fait   d’avoir effectué le transfert dans un compte privé, excluant le gestionnaire du budget de la mairie. Pour  le reste,  tout me semble être  normal», relate un cadre de l’administration financière congolaise.  C’est  dans ce salmigondis  que le maire a été accusé de  détournement des fonds. Car, selon les éléments en notre possession, le  compte accrédité sur ordre du directeur général du Trésor  n’est autre que le compte  d’une  société  appartenant à la femme du maire, Christian Okemba.

La Guerre souterraine des écuries et des cartels des différents parrains du régime

  D’emblée, la Christian Okemba  «gate», n’est que l’arbre qui cache la forêt del’empire de l’opacité des circuits des dépenses dans la sphère de la comptabilité publique congolaise. Le maire Okemba, affranchi des ses parrains qui avaient en son temps  fait feu de tout bois pour le porter à la tête de la mairie centrale,  se retrouve d’une part en opposition ouverte avec son adjoint,  Guy Maruis  Okana,  un affidé de Dénis Christel Sassou,   et, d’autre part, avec  Iness Mouebara Nguesso  qui occupe le poste de receveur à la  mairie. Cette dernière entretenait  déjà des relations tendues avec le  maire Okemba ; un conflit qui a connu son point culminant avec   l’affaire de la  gestion du compte de la  mairie que le maire Okemba avait  domicilié  à la Banque Postale au grand dam de cette dernière.  Saisissant cette affaire dans laquelle Christian Okemba se trouve mêlé, l’adjoint au Maire, en coalition avec  Iness Mouebara, a réussi à réunir le conseil municipal à la suite de la note de suspension du maire signée par le ministre de l’Intérieur pour   révoquer Christian Okemba à la majorité des membres du conseil municipal. Ce fut la victoire du clan Dénis Christel Sassou qui venait là de marquer un grand coup par le truchement de son homme de main, Guy  Maruis  Okana, devenu depuis Maire par intérim.

 Ainsi, le  maire suspendu est  interpellé à la direction générale de la sécurité territoriale (Dgst) puis placé sous mandat de dépôt  à la maison d’arrêt de Brazzaville sur instruction du procureur qui a décidé de le déférer devant le parquet.  En procédant ainsi, André Oko Ngakala, le procureur  près du tribunal de  grande instance de Brazzaville,   qui n’a pas compté ses heures pendant le week-end, en épluchant avec ses équipes nombre d’éléments en leur possession, a voulu donner aux fins limiers des enquêtes financières, l’occasion d’approfondir leurs investigations afin d’asseoir un dossier d’inculpation conforté par les éléments et indices probants en sa possession. Des indiscrétions sur les premières auditions, il ressort que le maire suspendu de la ville capitale a été confronté aux suspicions de détournement qui pèsent sur lui et notamment le fait que des fonds publics se retrouvent sur un compte privé d’une société appartenant à un membre de sa famille.

Dans la foulée des investigations lancées, les  hauts  cadres du ministère des Finances  sont eux aussi à leur tour interpellés par la DGST. Parmi ces cadres, Albert Ngondo le directeur général du Trésor, âgé de 80 ans et Nicolas Okandzi, le Dgb qui, contre toute attente, est d’abord placé en garde à vue puis sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt à l’instar de Christian Okemba comme présumé complice.

Ce n’est pas le problème de l’argent de la mairie, mais  juste un problème d’Homme

 Selon les information en notre possession, Albert  Ngondo, directeur général du Trésor, qui a autorisé la sortie de 1.250.000 Cfa ,viré sur le  compte de la société de l’épouse de  Christian Roger Okemba, a été entendu le 10 mars 2020 à la Dgst puis relâché. Pour être entendu à nouveau le 11 mars 2020. S’il a été relâché par la suite, de nombreux observateurs s’interrogent pourquoi le Dgb Nicolas  Okandzi  ne le serait-il pas ? Et cela, sans préjuger de son innocence ou de sa culpabilité. Le traitement différencié des  gestionnaires de la chaîne des dépenses, à savoir le directeur général du Budget, Nicolas Okandzi, le Directeur général  du contrôle du budget, M. Molomba, le Dgcb, le directeur général du Trésor, Albert  Ngondo ainsi que l’inspecteur général des finances, en interpelle plus d’un parmi les observateurs intéressés par le dossier .

Au final, dans cette forêt d’intervenants, seul le Dgb, à savoir Nicolas Okandzi, fusible idéal, est derrière les barreaux. La procédure revêt un caractère spécial puisque l’interpellé se trouve à la DGST. Etonnant pour une affaire instruite par un juge d’instruction et non par un tribunal spécial. S’agit-il toujours d’une affaire de détournement de fonds et non d’atteinte à la sûreté  de l’Etat, s’interroge un juriste qui suit le dossier?

Et de poursuivre: “Pourquoi Nicolas Okandzi est en prison ? A-t-il quelque chose à voir avec le décaissement des fonds détournés par Christian Roger Okemba en sa qualité de directeur général du budget ? Si tel est le cas, quel rapport avec la direction générale de la sécurité du territoire ? Ce n’est donc pas juste une affaire de détournement d’argent mais aussi une affaire de sécurité du territoire, conclut notre interlocuteur. Dans ce cas, nombreux devraient être interpellés et mis aux arrêts.

  Bref, il ressort de nos investigations que Nicolas Okandzi n’est qu’une victime collatérale d’une guerre souterraine qui se déroule sous le nez du président Denis Sassou Nguesso entre les différents membres des  cartels de son régime. Une voix autorisée au sein du sérail n’a pas hésité à nous lâcher laconiquement que : « l’affaire du Dgb n’est pas le problème de l’argent de la mairie, mais  juste un problème d’Homme ».

Après avoir fait le tour de la question et éplucher les dessous de l’affaire Okemba « gate » qui a entrainé l’arrestation du directeur général du Budget, il ressort au regard de nos analyses que Monsieur Okandzi, un technicien du ministère à la tête de la Dgb depuis environ 20 ans,  était pressenti au poste de ministre des Finances et du Budget en remplacement du ministre actuel, malade et indisponible depuis plusieurs mois.

Querelles de villages?

Cet état de fait  ralentit les négociations délicates entre le Congo et le Fmi. En effet, Monsieur Okandzi est ressortissant d’Olombo alors que le ministre actuel, tout comme le directeur général du trésor,  sont ressortissants de la localité d’Oyo, village du chef de l’État.

  Il sied d’observer que depuis la condamnation du général de division Norbert Dabira en mai 2018 et la révocation du général Nianga Mbouala, l’on observe une méfiance au sein du sérail où chaque écurie, de part et d’autre, aiguise son couteau.  Le Dgb se retrouve dans un marigot en eaux troubles qu’il ne connaissait que de travers car, en  pilier du système financier du pays,  il n’a jamais pensé être utilisé comme fusible dans la bataille rangée des courbes de l’Alima. Ainsi,  pour voiler ce conflit  souterrain, un des cartels en a profité pour positionner Ludovic Ngatse, un  comptable et cadre de la même localité que Nicolas Okandzi, pour le propulser comme ministre délégué au  Budget.

 Pour les observateurs les plus avertis du microcosme congolais, ce qui se passe actuellement ne serait que la partie visible de l’iceberg. Les enquêteurs à la recherche  des auteurs de malversations financières devraient ratisser large, afin de combattre partout la gabegie financière  qui fait perdre des milliards de francs CFA aux finances publiques et plombent les négociations avec le Fonds monétaire international (Fmi).

Dans ce pays pétrolier d’Afrique Centrale, une cour révolutionnaire d’antan avait, dit-on, condamné un vieil agent accusé d’avoir subtilisé un cahier dans l’établissement scolaire où il était employé. Un chef d’État en la personne de Yhombi Opangault  avait été mis en cause en 1979 pour avoir acheté un lit au prix jugé exorbitant de 1.500.000 Fca. Aujourd’hui, des milliards disparaissent en toute impunité.  Dans ce contexte, l’interpellation d’un cadre pour détournement devant  la Justice devient une sorte de curiosité au sein de l’opinion publique Congolaise. D’où plusieurs interrogations sur la mise aux arrêts du directeur général du budget, Nicolas Okandzi qui depuis plus de 20 ans est au cœur de la gestion budgétaire du Congo .    

2 Commentaires

  1. Lettre ouverte au docteur NDZESSI et Collaborateurs

    Docteur, Monsieur le coordonnateur de la riposte

    Depuis plusieurs mois, le coronavirus frappe de manière disproportionnée notre continent, entrainant de vastes pertes en vies humaines et causant des pertes économiques considérables dans des contextes de pauvreté extrême.
    Nombreux sont les observateurs Congolais à constater avec amertume et questionnement dans nos différents quartiers que les ravages provoqués par cette épidémie reflètent la faiblesse de nos systèmes de santé, incapables de répondre à de tels chocs, alors que d’autres soulignent avec nervosité la difficulté et l’incapacité de certains nouveaux médecins chefs des districts sanitaires pourtant sous tutelle de la direction départementale de la santé à coordonner leurs actions de riposte sur le terrain :

    – Mauvaise coordination des actions sur le terrain
    – Non implication active aux côtés des autorités locales
    – Gestion tribale et ethnique de la riposte avérée
    – Détournement des fonds alloués pour la communication …

    La République du Congo, notre pays dont je suis originaire, est confrontée pour la toute première fois d’une épidémie à coronavirus.

    Cette nouvelle épidémie devrait normalement provoquer un enchaînement de réactions comme pour les autres épidémies antérieures:

    Mobilisation active des prestataires de soins et des partenaires techniques et financiers, déploiement de ressources matérielles et humaines colossales, mobilisation des médias, etc… Mais dommage !!!
    Quelles leçons pouvons-nous tirer de cette épidémie en cours après près deux à trois mois de désordre ?

    Il s’agit ici de ne pas oublier que cette épidémie à laquelle nous sommes confrontés est mortelle.
    Nous en tirons, trois enseignements principaux :

    La première leçon, c’est que chaque épidémie a sa particularité. Tenir compte du contexte géographique, socioculturel ou économique et ajuster notre réponse en fonction de cela est d’une importance fondamentale.

    Second enseignement ? Mobiliser des ressources – aussi considérables soient- elle – est insuffisant en l’absence de solides mécanismes de coordination entre les acteurs qui cherchent à éradiquer l’épidémie.

    La troisième leçon, selon moi et bien sûr de l’avis des populations aussi la plus importante, est que pour éradiquer cette maladie à coronavirus, il est essentiel que la communauté s’approprie ce combat

    Une question continue de m’interpeller : pourquoi, malgré les dégâts causés par cette épidémie ‘mortelle’ que connait actuellement notre pays, les districts sanitaires mettent autant de temps à bien communiquer dans les quartiers ?

    Tous ceux d’entre eux qui pourtant ont déjà eu à exercer comme médecin enfin pour certains savent que ces symptômes font partie du quotidien et qu’il pourrait s’agir de la malaria, ou de la fièvre typhoïde, maladies courantes et banales. La mise à contribution de la communauté, dès les premiers signes de la maladie, permettra une détection et éradication rapide de l’épidémie. Une fois sensibilisée, et considérée non pas comme victime mais comme partenaire à part entière, la communauté doit s’appropriée la lutte et mené avec efficacité le suivi des contacts, la recherche active des malades ou contacts perdus de vue, le soutien social et psychologique des personnes affectées. Mais le constat est autre sur le terrain!

    Allez donc demander vous-mêmes aux chefs des quartiers – aux chefs des blocs et de zones !!! il ne sont et n’ont pas étés associer par les médecins chefs des districts, qui ont utilisés autrement ces fonds – falsifier des documents justificatifs – utiliser des parents – des cousins n’habitant pas leurs districts sanitaires – rejetés les chefs des quartiers…
    Allez vérifier ! Vous-même – les maires peuvent en témoigner !

    Il est donc essentiel, dans la planification de cette riposte, de donner la part belle à la communauté et aux ONG locales implantées dans ces districts sanitaires, qui ont étés laissés pour compte par les fameuses commissions (valises) mises en place. A l’état actuel nous savons que la résistance communautaire a entravé quelques peu les efforts des spécialistes de santé.
    Or pour vaincre l’épidémie, la population constitue votre meilleur allié. Les relais communautaires, les associations locales, les chefs des quartiers en communiquant l’information auprès des populations et en détectant les premiers symptômes, joueront un rôle fondamental.

    Dans ce combat face au désastre que cause le coronavirus, vous avez tendance à trop médicaliser la riposte et à ne jurer que par nos moyens financiers, logistiques et techniques (prière de nous écouter un moment) car nombreux sont ceux et celles qui veulent torpiller votre action votre bravoure et donc tous vos efforts.
    Le paradoxe avec le covid-19, c’est que, s’il est vrai qu’il faut des centres de traitement sophistiqués avec des médecins et infirmiers en costumes d’astronaute et des ressources considérables, miser sur la communauté pour juguler l’épidémie est tout aussi important.
    Si ce n’est plus…. C’est pourquoi, il vous faut vite agir !

    Vous devez vite, en tous ces très vite interpeller ces médecins chefs non formés – démissionnaires – aventuriers et avides d’argent – n’ayant aucune formation en santé publique et nommés à la hâte à participer pleinement à la lutte contre maladies, et enfin il vous faut vraiment mise sur la participation communautaire pour endiguer cette épidémie

    Ne soyons cependant pas naïf.
    L’action communautaire est un combat de longue haleine, et renforcer la confiance entre les communautés et les prestataires des soins dans les structures de santé est un impératif. Maintenir les mesures d’hygiène individuelle et collective qui auront tendance à disparaitre une fois l’épidémie endiguée, va fortement dépendre du niveau d’implication de la communauté. Car la maladie à coronavirus, c’est aussi et avant tout un défi de développement. Vite permettre le dé confinement aux populations c’est une façon de vite les aider, à regagner leur vie en créant des emplois et en améliorant l’accès aux services de santé et à l’éducation est en fin de compte le meilleur rempart contre le covid-19.
    Parlons un moment aussi de la logistique des équipes de terrains, ces médecins chefs des districts sanitaires ont étés soit disant dotés, mais nous voyons les équipes sans bavettes, sans gants, sans épi, sans gilet d’identification à pied dans les quartiers … mais soyons sérieux !!
    Il y va de la vie des bénévoles et des agents de santé, engagés.
    Vous avez une lourde charge dans la gestion de cette riposte !
    Mettez vos équipes sur le terrain dans le but de superviser ce qui se passe sur le terrain dans chaque district sanitaire :

    – que font réellement ces médecins chefs des districts ?
    – pourquoi ne dites-vous pas la vérité à madame la ministre ?
    – ce qui nous obligera à publier toutes ses failles sur les réseaux socio mais pourquoi vouloir salir le président de la république ?
    – Ou vont les dotations à eux données ? A quand les sanctions ?
    – Pourquoi ne veulent-ils pas mettre leurs véhicules de fonction à la disposition des équipes ?
    – Quels sont leurs rapports avec les maires des arrondissements ?
    – Quels sont leurs rapports avec les chefs des quartiers ? Vérifier !
    – Il sont passés m aîtres en faux et usage de faux concernant les listes et les justificatifs administratifs et ceci en toute impunité
    – Pourquoi ne veulent-ils pas acheter et doter des gels – des gants et bavettes à leurs collaborateurs ? ce nai pas leur argent !
    – Sur quelles base ont-ils étés nommée ? ethnique ou tribales ?
    – Pourquoi le directeur départemental de la santé de brazzaville continuer à les couvrir ? connaissant leurs faiblesses ?
    – Pourquoi ne pas sanctionnés ces médecins chefs des districts qui brillent par ignorance, mauvaise foi et incompétence ?
    – Le peuple doit vivre et non mourir a coze des médecins chefs inconscients

    Le président de la république l’a dit : nous sommes en guerre ! Et on fait la guerre avec des hommes malades. Il faut les remplacer !

    Plein succès à vous !
    LA VOIX DES SANS VOIX

  2. Qualités pour être un bon médecin chef de district

    Beaucoup d’agents de santé, que nous avons pu interroger, décrivent les diverses qualités nécessaires pour cette fonction, et font ainsi le portrait du médecin chef de district idéal.

    Il est intéressant de voir quel est ce portrait, car il contraste beaucoup avec les reproches que beaucoup d’usagers des formations sanitaires adressent aux médecins chefs des districts sanitaires et chefs des centres de santé actuels ; démissionnaires : mais aussi que certains agents de santé expriment à l’encontre de leurs collègues)

    Les quelques qualités énumérées, ci-dessous dessinent en creux les défauts inverses. Ce peut être un levier pour des changements de comportements de ces soit disant CHEFS.

    Un médecin chef du district sanitaire et/ou un chef de centre de santé doit ainsi avoir à des degrés divers, les caractéristiques suivantes :
    – capacité de travail en équipe,
    – se mettre à la place d’autrui sans arrière-pensée,
    – anticiper et en particulier prévoir le pire,
    – décider (parfois très vite), devant la réalité des faits
    – négocier (un comportement thérapeutique par exemple). Il lui faut avoir du courage pour savoir refuser,
    – s’abstenir ou encore attendre quand il le juge bon pour son équipe ; et avoir une bonne mémoire, car les études de la santé demande beaucoup de mémorisation.

    Valeurs morales

    « Etre de bonne moralité, c’est d’abord avoir un esprit posé.
    Si vous avez un chef de district n’a pas un esprit posé, il n’est pas stable. C’est un idiot. La bonne moralité c’est la base de la profession médicale.
    Même si il a un diplôme même supérieur, mais s’il n’est pas de bonne moralité il ne sera pas bien sur le terrain.
    Les choses ne se passerons pas bien pour lui ».

    LA VOIX DES SANS VOIX

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