Les pays de la CEMAC face aux enjeux de l’intégration régionale

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La célébration ce lundi de la 11è Journée de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale révèle au grand jour les enjeux qui sous-tend l’intégration avec en bonne place d’énormes besoins financiers pour la réalisation des projets favorisant l’intégration communautaire.

Parmi les cinq régions que compte le continent, l’Afrique centrale est de loin, la zone la moins intégrée avec des échanges commerciaux intra-communautaires autour de 3%. C’est dire si la circulation des personnes et des biens est un enjeu crucial dans un espace économique où en dépit des entraves politiques qui constituent un réel obstacle à l’intégration communautaire, il faut trouver pas moins de 2819,2 milliards de FCFA pour la réalisation de douze projets intégrateurs.

Au-delà des entraves politiques, en l’occurrence, cette partie du continent fait face à de sérieux problèmes infrastructurels. Conséquence, il est difficile de circuler d’un pays à un autre, à cause de l’insuffisance criarde des moyens de communication. D’après le Programme des réformes économiques et financières (PREF-CEMAC), il faut mobiliser 2819,2 milliards de FCFA pour la réalisation des projets intégrateurs retenus par les Chefs d’Etat pour booster le développement de la sous-région.

Sur cette enveloppe globale, seuls 255,8 milliards de FCFA ont été mobilisés par les Etats membres et des partenaires techniques et financiers alors que 2563,4 milliards de FCFA soit plus de 80%  de l’enveloppe manquent encore à l’appel.

Dans son message, le chef de l’Etat camerounais Paul Biya, par ailleurs président en exercice de la CEMAC a nommément invoqué cette insuffisance d’infrastructures comme un frein à l’intégration en Afrique centrale.

« Peuples du Cameroun, de la Centrafrique, du Congo, du Gabon, de la Guinée Equatoriale et du Tchad, Si l’on peut se réjouir de la mise en œuvre progressive de la libre circulation des personnes et des biens, il est clair que celle-ci ne saurait être réalisée sans infrastructures en nombre suffisant et de qualité. Autrement dit, la problématique des infrastructures demeure l’une des contraintes majeures du développement de notre espace communautaire. C’est à juste titre que le thème central de la présente édition de la Journée de la CEMAC s’intitule « Améliorer les infrastructures physiques pour promouvoir les échanges entre les peuples de la CEMAC ». Il nous invite à réfléchir aux pistes de solution susceptibles de nous permettre de relever le défi infrastructurel de la sous-région. Ceci dans un contexte marqué par l’avènement de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine » a-t-il déclaré.

Lors du sommet extraordinaire le 22 novembre 2019 à Yaoundé, les Chefs d’Etat de la sous-région avaient décidé de la mise en œuvre de douze projets intégrateurs prioritaires et demandé à la Commission de la CEMAC et au Comité de pilotage du Pref-Cemac de travailler pour la mobilisation des moyens techniques et financiers nécessaires à la réalisation desdits projets.

Suppression de visa

Il s’agit entre autres, des corridors régionaux de transport, la production et l’interconnexion énergétique, le renforcement du marché unique, la libre circulation des biens, des services et des personnes, le développement du capital humain et la diversification économique.

L’impact attendu de ces projets étant notamment l’accélération du bitumage de tronçons routiers situés sur les corridors de transport, la fluidification du transport des marchandises entre ports maritimes et centres de consommation enclavés, la fourniture d’une énergie stable et bon marché, la mise en place de postes-frontières pour promouvoir l’intégration, la libre circulation des biens et des personnes, la création d’un label « Centre d’excellence » attribué à toutes les écoles de l’espace Cemac répondant à des critères prédéfinis par la Commission…

En tout état de cause, a indiqué le Président de la CEMAC, « il conviendra de bâtir un espace communautaire plus apte à anticiper les enjeux d’un monde en perpétuelle mutation et à tirer profit des opportunités qui s’offrent à l’amélioration du bien-être de nos populations. Si l’on peut saluer les efforts déjà déployés en faveur de la réalisation d’un nombre non négligeable d’infrastructures physiques, la connectivité entre nos Etats et avec les autres sous-régions du Continent reste l’objectif central vers lequel nous devons tendre ».

L’intégration communautaire reste un long chemin parsemé d’embuches. Si les réalités du terrain montrent qu’au-delà de quelques réticences, les ressortissants des pays de la sous-région sont favorables naturellement à l’intégration communautaire, d’autant que de part et d’autre des frontières, ce sont les mêmes communautés, les politiques ne semblent pas véritablement suivre cette dynamique.

Le Gabon et la Guinée équatoriale qui continuent de voguer à contre sens des décisions communautaires en portant des restrictions sur la libre circulation. Ces deux pays continuent d’exiger le visa aux ressortissants communautaires, alors que le Cameroun, la Centrafrique, le Congo et le Tchad se sont conformés aux décisions communautaires.

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