Coronavirus : le Naira et le Nigeria en dépression

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Secoué de plein  fouet par la chute des prix du pétrole et le coronavirus, la monnaie nigériane (naira )  sombre dans la dépression.

Les statistiques sont révélatrices, depuis  l’apparition du virus pour la première fois en Chine à la fin de l’année dernière, le naira s’est affaibli de 1,3% sur le marché au comptant à 366,63 pour un dollar américain. La baisse de la devise s’est accélérée en février, lorsque les réserves ont chuté de plus de 4,5% pour atteindre 36,1 milliards de dollars.

L’indice boursier du Nigeria (Bourse de Lagos ) a chuté de 1,8% jeudi, portant sa baisse au cours des cinq derniers jours à plus de 12% .Ce qui a entraîné la jauge à des niveaux observés pour la dernière fois début 2016.

Ces signaux  n’ont pas laissé indifférents, certains observateurs, soutenant  une dévaluation imminente du naira. Les  analystes  sont formels, la banque centrale nigériane ne sera pas en mesure de maintenir la valeur du naira pendant longtemps car la chute des prix du pétrole épuise les réserves de change. Interrogées  sur cette question, les autorités monétaires  n’ont pas voulu répondre.

Les réserves de change du Nigeria s’épuisent

Le gouverneur de la Banque centrale du Nigéria, Godwin Emefiele, a utilisé, depuis le mois de juin  dernier près d’un quart  des réserves du pays  pour maintenir la stabilité du naira. Le patron de la banque centrale a également restreint l’accès des importateurs aux devises fortes et intensifié la vente de la dette publique à haut rendement connue sous le nom de factures OMO.

La banque pourrait opter pour davantage contrôler  les capitaux afin de soutenir  le naira. D’ailleurs, le président nigérian, Muhammadu Buhari, avait plaidé pour un plan de stabilité monétaire afin de relancer les industries locales.

Le gouverneur  avait  promis de maintenir le naira stable, affirmant fin novembre que la baisse des réserves n’était pas un sujet de préoccupation. «Nous n’hésiterons pas à déployer des mesures supplémentaires pour protéger l’économie nigériane des  chocs exogènes», a-t-il déclaré mercredi lors d’une conférence à Abuja.

Les contrats à terme sur le pétrole ont chuté, lundi 9 mars, de plus de 30% à New York et Londres, représentant  la plus forte baisse depuis la guerre du Golfe en 1991, avant de regagner du terrain.
À noter que les ventes de brut représentent environ la moitié des recettes publiques nigérianes et 90% des exportations du pays.

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