Rui Pinto, l’homme à l’origine des fuites sur la fortune d’Isabel Dos Santos

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Rui Pinto a remis 10 disques durs chiffrés à la justice portugaise et française. Seuls 20% des données ont été analysées à ce jour.

Le hacker portugais Rui Pinto, 31 ans, est la source des « Luanda Leaks » du nom des fuites de 715 000 documents qui ont révélé l’origine de la fortune de la milliardaire Isabel Dos Santos et de son mari Sindika Dokolo. En détention provisoire depuis avril 2019, Rui Pinto attend d’être jugé pour tentative d’extorsion et divers crimes informatiques liés aux fuites des « Football Leaks » organisées à partir de fin 2015. C’est depuis les lieux de la détention qu’il a « balancé » le couple des milliardaires congolo-angolais. L’homme qui veut recouvrer la liberté menace encore de faire de nouvelles révalations, déclarant être en possession six téraoctets de documents inédits.

Dans l’affaire des « Luanda Leaks », les avocats du hacker, à savoir le français William Bourdon et le portugais Francisco Teixeira da Mota, ont affirmé que « Monsieur Rui Pinto assume la responsabilité de la remise (…), fin 2018, d’un disque comportant l’ensemble des données à l’origine des récentes révélations relatives à la fortune de Madame Isabel dos Santos », la fille de l’ex-président angolais.

Le Portugais de 31 ans « a souhaité ainsi favoriser la compréhension d’opérations complexes menées avec la complicité de banques et de juristes qui, non seulement appauvrissent le peuple et l’Etat d’Angola, mais sont également susceptibles d’avoir porté gravement atteinte à l’intérêt général du Portugal », ancienne puissance coloniale où Mme dos Santos a réalisé des investissements majeurs, ont-ils ajouté dans un communiqué.

Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a publié le 19 janvier une vaste enquête sur la base de quelque 715 000 documents baptisés « Luanda Leaks ». Cette enquête accuse Isabel dos Santos d’avoir « siphonné l’économie angolaise » et accumulé de manière frauduleuse une fortune estimée à 2,1 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros). Ces données leur sont parvenues à travers la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), présidée par Me Bourdon.

Trois jours après la publication de cette enquête, la justice angolaise, qui avait déjà gelé les avoirs d’Isabel dos Santos en Angola depuis décembre 2019, a formellement accusé le 22 janvier la milliardaire et plusieurs de ses associés portugais de fraude, détournement de fonds et blanchiment d’argent. En réaction, Isabel Dos Santos rejette les accusations et promet de porter plainte contre les médias qui l’accusent: « Je réfute les allégations infondées et les affirmations fausses et j’informe avoir entamé les démarches pour agir légalement contre l’ICIJ et les partenaires de l’ICIJ », a indiqué l’Angolaise de 46 ans dans un communiqué daté de lundi. Ces poursuites judiciaires seront conduites par le cabinet international d’avocats Schillings Partners, basé au Royaume Uni, a précisé la milliardaire qui vit entre Londres et Dubaï.

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