Guinée Bissau: Umaro Sissoco Embalo élu président

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Depuis son fief de Gabou où il a voté, le candidat du Mouvement pour l’Alternance démocratique, Umaro Sissoco Embalo, s'était dit sûr de sa victoire.

Le deuxième tour des présidentielles en Guinée-Bissau a livré son verdict. L’opposant Umaro Sissoco Embalo, 47 ans, a été élu avec 53,55% selon les compilations présentées ce 1 er janvier 2020 par José Pedro Sambu, président de la Commission électorale nationale. Ancien premier ministre, Umaro Sissoco Embalo remporte le scrutin face à Domingos Simões Pereira, 56 ans, lui aussi ancien Premier ministre du président sortant Jose Mario Vaz​. A noter que ce dernier avait appelé à voter Embalo. Le taux de participation s’élève à 72.67%, pratiquement identique à celle du premier tour, le 24 novembre.

Musulman marié à une chrétienne, Embalo incarnait une rupture par un discours brut de coffrage, en rupture de code qui a enflammé la campagne électorale. Sûr de lui, le général de brigade de mère d’origine malienne, avec des ascendances remontant au Burkina Faso, a toujours prédit sa victoire, parvenant à renverser la vapeur après un premier tour où il n’avait agrégé que 27% des votes contre 40% pour son adversaire. A 47 ans, Umaro Sissoco Embaló, titulaire d’une licence en relations internationales, obtenue à l’Institut supérieur des sciences sociales et politiques à l’université technique de Lisbonne, puis d’une maîtrise en sciences politiques à l’Institut d’étude internationale de Madrid en Espagne et d’un doctorat en relations internationales à l’université complutense de Madrid, va donc succéder à José Mario Vaz.

Ancien général, premier ministre entre novembre 2016 jusqu’à sa fracassante démission en janvier 2018, Embalo parle le français, l’espagnol, le portugais, l’arabe et le peul. Sa candidature a pris son envol en 2018 quand, avec avec d’autres élus dissidents du PAIGC, il fonde le MADEM G-15, formation sur laquelle personne n’aurait parié en dehors, bien entendu, de son initiateur. Cette élection transparente selon les observateurs internationaux et la CEDEAO permet à la Guinée de dépasser la crise politique qui la paralyse depuis 2015 suite aux dissensions profondes entre Jose Mario Vaz et Domingos Simões Pereira.

Notons que ce dernier, dans une vidéo postée hier sur les réseaux sociaux, a annoncé dans ses messages de voeux adressés à ses concitoyens qu’il reconnaîtrait le verdict des urnes, invitant son adversaire à en faire de même.

L’on se dirige en fait vers une cohabitation, le régime politique étant sémi-présidentiel. Lors des législatives du 10 mars 2019, le PAIGC de Domingos Simões Pereira avait remporté l’élection avec 47 députés mais sans obtenir de majorité absolue, suivi du MADEM-G15 d’Umaro Sissoco Embaló avec 27 élus, puis le Parti du renouveau social (PRS) avec 21 sièges.

Le nouveau président élu devra donc composer avec une assemblée loin de lui être acquise. Umaro Sissoco Embaló s’est dit prêt à diriger le pays avec le PAIGC s’il est élu. Et entre le premier et le second tour, le candidat du MADEM-G15 a engrangé des soutiens parmi les anciens candidats : José Mario Vaz, Nuno Nabiam – le troisième homme de cette présidentielle et Carlos Gomes Junior. Pour le second tour, le PRS a apporté aussi son soutien au candidat. Embalo, par ailleurs ancien ministre des Affaires africaines, du Moyen-Orient et de la Coopération, n’a pas droit à l’erreur. Les bissau guinéens espèrent tourner la page de l’instabilité politique et des crises économiques à répétition.

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