Réforme du Franc CFA: dissonance entre Abidjan et Lomé ?

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Souvent en phase sur la politique régionale, les présidents Faure Gnassingbé et Alassane Ouattara auraient-ils des divergences sur l’eco.

C’est le dernier sujet abordé ce jeudi à Lomé par le ministre togolais des Finances dans son discours à l’ouverture de la quatrième réunion du Conseil national du crédit au titre de l’année 2019.

« Je voudrais, à présent, vous informer officiellement des changements en cours concernant le Franc CFA et la coopération monétaire avec la France. Comme vous l’avez sans doute suivi sur les médias, les pays membres de l’UEMOA, dans la perspective de la mise en œuvre de la monnaie unique de la CEDEAO, ont décidé de remanier profondément les accords qui les lient à la France », a déclaré d’entrée le ministre Sani Yaya devant un auditoire resté attentif.

Mais les interrogations vont tarauder les esprits quand l’ancien directeur de l’audit et de la conformité du groupe Ecobank annonce la première décision, « le changement du nom de la monnaie Franc CFA en ECO, lorsque les pays de l’UEMOA intégreront la nouvelle zone ECO de la CEDEAO ». Une précision qui, de l’avis de plus d’un, ne cadre pas avec l’annonce faite par le président ivoirien Alassane Ouattara samedi 21 décembre à Abidjan.

Doyen d’âge des chefs d’Etat de l’UEMOA, ce dernier déclarait en effet, en vertu de son mandat de président en exercice, que ses collègues et lui avaient décidé «de faire une réforme du franc CFA », avec « le changement du nom de la monnaie du franc CFA à l’Eco ». Sans aucun autre ajout.

Poursuivant l’annonce des décisions dont la monnaie fait l’objet, le ministre des Finances du Togo ajoute : « dans l’optique de faire de l’Eco le fondement du dynamisme de l’union économique, ainsi que de la prospérité des populations des pays concernés, les plus Hautes Autorités de l’UEMOA ont souhaité, en attendant l’adoption de la monnaie unique de la CEDEAO, conserver deux piliers clefs de la stabilité monétaire de la zone » que sont « le maintien du taux de change fixe par rapport à l’euro », et « la garantie de convertibilité illimitée de la monnaie par la France ». Une séquence qui laisse croire que les « deux piliers » sont éphémères, le temps de l’adoption de la monnaie unique de la CEDEAO. 

« Ces décisions qui ont été prises le 21 décembre 2019 à Abidjan représentent un tournant majeur vers la mise en place de l’ECO et n’affectent en rien l’usage quotidien du Franc CFA par les populations et les entreprises de l’UEMOA », a conclu M. Yaya.

Par Nephthali Messanh Ledy

4 Commentaires

  1. l’Afrique est toujours colonisé par la France avec la complicité des marionnettes illégitimes que la France a placé pour servir les intérêts français et compris mon pays le Maroc .

  2. Vraiment ça en rajoute à la nébuleuse qu’est ce changement de monnaie annoncé. Cette UEMOA devient une vraie armée Mexicaine.

  3. Si les parités covariantes Eco-Fcfa et Eco-Euro sont définies telle qu’on arrive au résultat 1Euro = 655,9570 Fcfa, alors le Fcfa ne sera pas dévalué. Ou alors , s’attendre à une dévaluation comprise entre 50 et 83%, avant toute mise en oeuvre de la nouvelle monnaie ECO.

    Il serait naïf de croire que la France allait libérer, sans contrepartie, les 50% des réserves de nos devises qu’elle détient . Publier donc très vite le contenu des nouveaux accords monétaires et financiers et annoncer dans le même tempo les dates d’entrée en service de l’ Eco et de sortie du FCFA.
    Les parties prenantes ayant déjà contenu les risques de spéculations dans des limites acceptables (bien surveiller les transferts de capitaux avant mise en oeuvre de l’Eco).

    L’ Union européenne devrait avoir son mot à dire (…). A moins qu’elle ne soit partie prenante d’une néo domination des États de l’ Uemoa ou d’un sabotage des projets d’intégration monétaire de la Cedeao.
    Meissa Ndiack SECK
    Consultant

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