Cameroun : Deux parties se disputent la direction de Chanas Assurances

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Rebondissements dans l’affaire Chanas Assurances, la justice vient d’ordonner à l’ancienne équipe dirigeante de reprendre les rênes de l’entreprise contredisant une décision de la Cour suprême.

Par Achille Mbog Pibasso

Le feuilleton Chanas Assurances SA est certainement loin d’avoir livré son dernier épisode. Une semaine après la tenue d’une Assemblée générale ayant désigné un nouveau président du Conseil d’administration, en la personne de madame Marie Solange Ntometane qui justifiait ce choix suite à une décision de la Cour suprême, l’on vient d’assister à un retournement de la situation puisque la même justice, d’après l’autre partie, a ordonné par le biais du procureur de la République, la levée des scellées apposées quelques jours plutôt par la partie adverse.

Le président du conseil d’administration, Maurice Matanga, a annoncé la réouverture des portes de la direction générale après qu’un « groupe d’individus ait fait irruption dans les locaux » de la compagnie sous la conduite de dame Solange Ntomtane, « qui se prévalait d’un conseil d’administration fictif et entendait ainsi prendre possession sans titre, des rênes de la société Chanas Assurances SA, société de droit camerounais avec des capitaux majoritairement camerounais ».

A en croire M. Matanga, proche de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) l’un des actionnaires de référence au même titre que l’ex Présidente directeur général Jacqueline Casalegno décédée en janvier 2019, cette affaire avait déjà été réglée puisque « la plaignante avait été déboutée par la Cour commune de justice et d’Assurances en 2015 ». Par ailleurs, en juin 2019, « la Cour suprême a déclaré leur procédure sans objet », contrairement aux informations véhiculées par les « putschistes ». . 
Réagissant à cette accusation « sans fondement » Solange Ntomtane affirme qu’elle répond d’un mandat donné par les ayants droit de l’une des parties, notamment Louis Laugier et Denis Gillot, tous décédés.

« Après d’âpres procédures devant les juridictions, la chambre de la Cour suprême a sanctionné à travers son arrêt n°59/Civ rendu le 6 juin 2019 toutes les manœuvres frauduleuses et les injustices dont ont été victimes Louis Laugier et Denis Gillot de regrettées mémoires. Cet arrêt a rétabli ces derniers dans leurs droits », a-t-elle indiqué.

La conséquence de l’ordonnance sur requête n°1181 rendue le 8 mars 1993 par le président du tribunal de première instance de Douala, précise-t-elle signifie que tous les actes et décisions qui en découlent deviennent caducs, ramenant des actions dans le capital social de la Chanas & Privat Sarl devenue Chanas Assurances SA alors que les parts sociales querellées s’élèvent à 4500.

Chaque protagoniste revendique le pourvoi de la Cour suprême de juin dernier en sa faveur. Au moment de mettre sous presse, les deux parties continuaient de revendiquer la légitimité et la légalité de Chanas Assurances SA, ce qui laisse croire que cette affaire est loin d’être terminée.

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