Guinée :l’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES) sur le terrain

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L’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES) entame ce mois de novembre ses activités sur le terrain. Ainsi près de mille (1000) jeunes sont recrutés par l’ANIES pour assurer la collecte des données économiques et sociales de la population pauvre.

Cette collecte, qui débute le lundi 18 novembre 2019, marque la première phase du déploiement de l’ANIES. Dans un premier temps, elle concernera les zones pilotes que sont Gaoual, Télimilé, Beyla, Dabola, Kérouané, Mamou, Tougué et Mali.

Sur la période récente, la Guinée s’est collectivement enrichie, si l’on considère l’évolution du produit intérieur brut (indicateur de création richesse). La politique économique a engrangé de réels succès, notamment par la relance du secteur minier, la stabilisation des indicateurs macroéconomiques et le renforcement de l’attractivité économique de la Guinée.

Cependant, les effets de ces succès économiques restent peu perceptibles sur la réduction de la pauvreté. C’est pour apporter une réponse crédible à cette situation qu’a été créée l’ANIES, pour répondre aux nombreux défis liés au renforcement du caractère inclusif de la croissance économique. Grâce à cette agence, plusieurs actions en faveur de la couche la plus vulnérable de la population seront mises en œuvre, à savoir :

1.         Des politiques « classiques » d’inclusion économique et sociale 

  • les transferts monétaires
  • les travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO)
  • l’inclusion financière

2.         Des politiques dites d’inclusion productive

  • l’énergie, sur le modèle du M-Poka (Kenya)
  • l’agriculture (appui et subvention aux petites exploitations agricoles)
  • l’entreprenariat, sur le modèle de la Délégation à l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (DER) du Sénégal.

«Lutter contre les inégalités sociales est une priorité de notre politique de développement. La Guinée possède un sol très riche, qui accueille de plus en plus d’investisseurs étrangers. Mais, malheureusement, cette richesse ne profite pas assez à la population, qui reste pour la majorité dans une situation de pauvreté (voire d’extrême pauvreté). Nous avons donc décidé de faire de l’inclusion économique et sociale notre arme de bataille pour mener notre pays vers une société plus inclusive, plus équitable » a déclaré le Premier Ministre, Ibrahima Kassory Fofana.

Pour l’État, l’inclusion dépasse le contexte économique et social, elle est devenue un impératif politique. L’ANIES, qui est une première en Afrique de l’ouest, s’inspire des expériences étrangères réussies comme le Rwanda ou l’Éthiopie. La deuxième phase de son déploiement est prévue de décembre 2019 à décembre 2020. Il s’agira de l’identification biométrique des futurs bénéficiaires de l’ANIES,  qui cible 40% de la population la plus pauvre de Guinée. Elle est inspirée du modèle de l’Aadhaar en Inde, la plus grande base de données biométriques au monde. L’ANIES constituera un vecteur puissant de redistribution, pour partager les fruits de la prospérité économique et réduire la pauvreté.

Dans le cadre des préparatifs du démarrage de la collecte sur le terrain, un atelier d’appropriation a eu lieu avec les partenaires techniques et financiers de l’ANIES. Le gouvernement de la Guinée a opté pour une approche participative dans le but de favoriser une meilleure appropriation de ce projet socioéconomique majeur.

A propos de l’ANIES L’Agence Nationale d’Inclusion Économique et Sociale (ANIES) a été créée par décret présidentiel le 31 janvier 2019. Son objectif est de consentir un effort financier d’au moins 2 % de PIB d’ici fin 2020 en faveur du partage de la prospérité, suivant, en cela, les recommandations de l’Africa Progress Panel. D’ici cinq ans, l’objectif est d’atteindre 4 % de PIB, orientés vers les 40 % les plus pauvres, en vue de de réduire à moyen terme la pauvreté, qui touche actuellement 60 % de la population (65% dans les zones rurales).  Enfin favoriser l’inclusion financière, qui reste d’un niveau très faible, en situant à au moins 40 % la part de la population ayant accès aux services et instruments financiers de base.

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