WARA affirme la notation de SIFCA à «BBB+» avec une perspective rabaissée

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L'évolution de la note de Sifca depuis 2013 montre une inflexion.

West Africa Rating Agency (WARA) affirme la notation de long terme de SIFCA à « BBB+ », en grade d’investissement (en devise régionale, le Franc CFA) , tandis que sa notation de court terme est « w-4 ». En revanche, la perspective attachée à ces notations passe de «positive» à «stable».

Simultanément, sur son échelle internationale, WARA assigne à SIFCA les notations et perspective suivantes : iB+/Stable/iw-5. Fondée en 1964 à Abidjan, SIFCA est le premier employeur privé de Côte d’Ivoire (avec plus de 33 000 employés), et l’un des fleurons agroindustriels de la sous-région opérant dans les domaines du caoutchouc naturel, de l’huile de palme et du sucre.

Ces notations reflètent entre autres la position de leader de SIFCA sur ses activités de référence et une bonne gouvernance du groupe agro-industriel. àA n 2018, le groupe est leader de la production de caoutchouc naturel en Côte d’Ivoire avec une part de marché de 27%. SIFCA est aussi leader de la production d’huile de palme en Côte d’Ivoire avec une part de marché d’environ 60%. En effet, PALMCI est la plus grande entreprise de production et de transformation des régimes de palme en huile brute d’Afrique de l’Ouest. Le groupe est aussi un acteur majeur dans la filière sucrière ivoirienne.

En revanche, la notation de SIFCA est contrainte par la dépendance aux cours mondiaux du caoutchouc naturel et de l’huile de palme et la difficulté pour le groupe d’imposer des produits finis dérivés de l’huile de palme sur le marché ivoirien sous une marque à forte valeur ajoutée. SIFCA n’arrive toujours pas à dégager une trésorerie positive à cause du poids des investissements et du remboursement de l’emprunt obligataire contracté en 2013 et qui fut le premier emprunt corporate émis sans garantie, sur la base de la notation Wara.

En 2018, le Groupe a réalisé une perte nette consolidé de 14,9 milliards de FCFA, en raison de la poursuite de la baisse des cours avec des plus bas historiques atteints durant l’exercice que ce soit pour le caoutchouc naturel et l’huile de palme. Cela n’a pas empêché Sifca de poursuivre ses investissements avec notamment la signature d’une convention de prêt PROPARCO de l’Agence Française de développement (AFD) pour 90 millions d’euros (ou 54 milliards de FCFA).

La perspective attachée à la notation de SIFCA est ramenée à stable. WARA justifie cette perspective par la baisse prononcée des cours du caoutchouc naturel et de l’huile de palme sur l’exercice 2018 ainsi que l’absence de remontée durable prévue sur 2019. Les investissements récents et à venir du Groupe sont nécessaires pour abaisser de manière incrémentale son seuil de rentabilité et réduire sa dépendance aux cours mondiaux.

Par cette perspective stable, WARA exprime son opinion que la notation actuelle de SIFCA contient autant de possibilités de rehaussement que de risques d’abaissement, en l’absence de la contrainte d’un quelconque plafond national.

WARA estime qu’en termes de gouvernance et de management, le fait que le capital de SIFCA soit partagé entre les actionnaires historiques (les familles Billon et Lambelin) et des groupes industriels d’envergure internationale est un facteur positif pour sa notation.

Un actionnariat solide

En effet, le capital de SIFCA est dominé par les holdings de contrôle des familles Billon et Lambelin, Parme Investissement et Immoriv, qui détiennent 65,4% de SIFCA. Wilmar, spécialiste des matières premières agricoles (notamment de l’huile de palme), détient directement 27% de SIFCA, par le truchement de la holding Nauvu, laquelle figure aussi au capital de PALMCI et de SANIA. Dans le métier du caoutchouc, Michelin détient à la fois directement 14,8% du capital de SAPH et 33,7% du capital de SIPH. Au-delà de leur participation au capital du Groupe, ces partenaires de renom apportent aussi un soutien opérationnel et technique constant. ainsi, Wilmar fait bénéficier à SIFCA de sa maîtrise des processus opérationnels dans les plantations de palmier à huile et de son expertise dans le raffinage de l’huile de palme. Pour sa part, Michelin apporte une assistance technique au pôle caoutchouc pour la recherche et l’amélioration des performances agronomiques. Quant à Terra, il est en soutien de Sucrivoire. WARA constate que la qualité de ces partenariats et de ces ressources constitue un facteur positif de notation.

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