Crise post-électorale: la Mauritanie crie au complot étranger

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En Mauritanie, la rue a fortement contesté les résultats du scrutin présidentiel du 22 juin 2019. Selon la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Mohamed Cheikh El-Ghazouani a obtenu 52,01 % des suffrages, devant le militant anti-esclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid (18,58 %), l’ex-Premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar (17,87 %), le communicant Baba Hamidou Kane (8,71 %) de la Coalition Vivre Ensemble et le professeur d’université Mohamed Ould Moloud (2,44 %) de l’Union des Forces Progressistes. Les quatre opposants en lice ont rejeté ces chiffres. Trois d’entre eux ont introduit des recours. Le quatrième, Kane Hamidou Baba dont le siège a été saccagé par la police, dit douter de la sincérité d’une instance inféodée au pouvoir.

Dès l’annonce de ce résultat par la CENI, précédée de l’autoproclamation du candidat au pouvoir, les manifestations ont gagné Nouakchott. En réaction, la police a procédé à des arrestations massives. Ainsi, Samba Thiam, leader historique des Forces Progressistes du Changement (ex-Flam) a été arrêté tôt dans la matinée du 26 juin et conduit à une destination inconnue.

Les ambassadeurs du Sénégal, du Mali et de la Gambie ont été convoqués dans l’après-mididu mardi par le ministre des Affaires étrangères, Ismael Ould Cheikh Ahmed, qui les a enjoints de demander à leurs ressortissants de « s’abstenir de participer aux manifestations et à tout ce qui perturbe l’ordre public en Mauritanie, a expliqué le chef de la diplomatie sur la télévision nationale.

« Il y a une main étrangère qui est derrière ces événements », a affirmé le ministre de l’Intérieur, Ahmedou Ould Abdallah, à propos de ces contestations, évoquant un « plan de déstabilisation » du pays. « Nous avons arrêté une centaine d’étrangers dont on ne peut expliquer la présence dans la contestation d’une élection dans un pays qui n’est pas le leur », a ajouté le ministre. Il a affirmé que cette présence étrangère était « en relation avec certains candidats ».

Depuis 15h environ, il était impossible de se connecter à Internet, d’accéder à ses emails ou d’utiliser les réseaux sociaux comme WhatsApp et Facebook, alors que l’internet mobile était inaccessible depuis dimanche après-midi. Interrogé par des journalistes sur ces coupures, le ministre de l’Intérieur a semblé ironiser. « Vous n’avez pas d’autres moyens qu’internet pour travailler ? » a-t-il répondu, sourire aux lèvres. La France a salué mardi « le bon déroulement de l’élection présidentielle », intervenue « dans un climat pacifique », et « félicité » Mohamed Cheikh El-Ghazouani.

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