Tensions croissantes entre Washington et Téhéran: la voix du Sénégal devient pressente

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Le porte-avion Abraham Lincoln fait route vers le détroit d'Ormuz .

Par   Djily Mbaye FALL


Il y’a un an, le président américain, Donald Trump, retirait les USA de l’accord historique de Vienne sur le nucléaire iranien conclu en 2015 après plus d’une dizaine d’années d’âpres négociations entre Téhéran et les six Etats du groupe “P5 +1”, composés des cinq pays membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU (Russie, France, USA, Royaume-Uni, Chine) auxquels s’ajoutent l’Allemagne et l’Union Européenne.

Cette décision du Président Trump marqua le retour des sanctions économiques contre l’Iran à travers le commerce du pétrole, du fer, de l’acier, de l’aluminium et du cuivre, principales sources de revenus de la République Islamique. Le peuple iranien qui, sous l’impulsion de l’Ayatollah Khomeini, avait renversé en 1979 le régime pro américain du Chah Mohammad Reza Pahlavi, est depuis cette révolution habitué à l’embargo.

Ecoutant religieusement les Fatwas de Seyeed Ali Khamenei, la nation iranienne est devenue résiliente au fil des années et a formé une union sacrée autour du Président Hassan Rohani. Ce qui fait que non seulement ces nouvelles sanctions ont exacerbé le nationalisme du peuple iranien mais les ultra-conservateurs les considèrent même comme la preuve du réalisme politique du Président Trump -qui va briguer un second mandat l’année prochaine- comme substitut à l’instrument militaire des USA.

Se faisant, le président Trump évite le risque d’une “baie des moutons” en allusion à la «baie des cochons» à Cuba où les soldats américains ont vécu une déroute malgré leurs superpuissances. Dans cette bataille psychologique, Washington a déployé dans les eaux du golfe Arabo-Persique le porte avion «Abraham Lincoln» et un navire amphibie du corps des Marines (l’USS Arlington). Certains fondamentalistes iraniens, membres des «gardiens de la révolution», appellent à la fermeture du détroit d’Ormuz que l’Iran surveille en permanence à travers des sous-marins.

Ce couloir maritime long de 63 km, large de 55km, situé entre l’Iran et Oman est un passage obligé des tankers des États riverains du Golfe qui possèdent près de 60% des réserves mondiales de pétrole. L’attaque par drones d’installations pétrolières en Arabie Saoudite revendiquée par les Houthis du Yémen, alliés de l’Iran, après que la Fédération des Emirats Arabes Unis ait annoncé le sabotage à des endroits non névralgiques de deux de ses navires aux larges du port de Fujaïrah, montre à suffisance à quel point la tension est vive dans la région.

Ces actes commis à l’endroit de ces pays proches alliés de Washington sont perçues par des experts comme des avertissements de Téhéran qui voudrait montrer à qui voudrait le savoir sa capacité de bouleverser la région. D’autant plus que l’Iran, dit-ton, a noué des alliances avec des groupes en Syrie, en Palestine (Jihad Islamique), au Liban (Hezbollah) et en Irak, suspectés de vouloir lancer des attaques sur des cibles israéliennes et américaines dans diverses parties du Proche et Moyen-Orient.

C’est dans ce contexte marqué par des escalades que j’appelle le sénégalais, honorable Mohamed Khoureychi Niass, afin qu’il fasse entendre la voix de la Oumah Islamique en appelant à la baisse des tensions et au dialogue. Sa légitimité vient du fait qu’il est le Secrétaire Général de l’Union Parlementaire des Etats Membres de l’OCI (UPCI) basée justement en Iran et formée par les 57 Etats membres de l’OCI. Donc, Excellence Mohamed Khoureychi Niass, porte-voix de la communauté musulmane, vous avez la parole.


A propos de l’auteur

Djily Mbaye Fall, Expert en Coopération Islamique, Président de l’association « Cercle d’Amitié Sénégalo-Qatari »

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