Spécial 8 mars: l’éditorial de Doussou Komara Massandouno

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Doussou Komara redige sa chronique depuis le Trading Floor du New York Stock Exchange (NSE), coeur de la finance mondiale.

A l’occasion de la journée de la femme, Doussou Komara Massandouno, qui anime la chronique Juridique & Financière de Financial Afrik, nous rappelle une réalité souvent tue: la finance est le temple du machisme.


Les Femmes ont un Impact positif sur la performance des entreprises qu’elles dirigent !

Partout dans le monde, les femmes continuent leur combat pour la reconnaissance d’un droit évident, naturel et indiscutable : celui de l’Egalité, de l’Equité même, par rapport aux hommes.

Dans le milieu professionnel, nous faisons face à de très nombreux obstacles, pour ne pas dire des injustices flagrantes, soit par rapport à l’accès aux postes de direction, ou encore pour l’égalité des salaires par rapport à nos collègues hommes occupant des fonctions comparables. Certains secteurs sont plus « machos » que d’autres, ce qui est le cas, par exemple, du secteur financier dans lequel j’exerce depuis près de 15 ans.

Heureusement, de plus en plus de femmes et d’hommes ne sont plus prêts à voir les droits des femmes bafoués, leurs compétences et ambitions personnelles bridées, étouffées.

Les initiatives locales, régionales et internationales sont nombreuses pour la promotion des droits des femmes et leur inclusion dans tout projet de développement socio-économique durable.

Dans le secteur financier, qui a pour principale (sinon unique) raison d’être, la recherche du profit, des études et statistiques très sérieuses ont démontré l’existence d’un lien réel entre la féminisation des entreprises et leur performance. Quelle belle revanche pour les Femmes, que de voir le secteur financier accorder une valeur économique et monétaire réelle à leur implication dans la gestion des affaires…certes pas pour la justice sociale…mais dans ce cas précis, c’est le résultat final qui compte : les Femmes sont utiles, sinon indispensables, et elles ont une valeur ajoutée.

On peut citer par exemple l’étude menée par l’association Catalyst en 2004, qui est considérée comme une référence dans le domaine. Cette étude, dans sa mise à jour en 2007, portait sur les 520 plus grandes entreprises américaines (selon le classement Fortune 500), sur une période de 4 ans (2001-2004). Elle a démontré une corrélation entre la féminisation des conseils d’administration et la performance financière des entreprises. De plus, l’étude a également mis en évidence que cette amélioration de la performance était encore plus significative lorsqu’il y avait un nombre important de femmes membres du conseil d’administration, à savoir trois (3) femmes au moins.

Plus récemment, en 2015, une étude menée par Quantopian, une firme de trading basée à Boston, a révélé que les entreprises du Fortune 1000 qui sont dirigées par des femmes PDG génèrent trois fois plus de revenus que les entreprises du S&P 500 dirigées par des hommes. Ces résultats ne sont plus remis en question, à tel point que la diversité de genre d’une société est maintenant un critère déterminant pour plusieurs investisseurs, comme gage de meilleure rentabilité.

Une autre belle victoire dans le secteur financier a été le lancement, en 2016, du Bloomberg Financial Services Gender Equality Index (GEI) ou l’Indice d’Egalite des Genres dans le Secteur Financier, qui distingue les entreprises engagées dans l’égalité des sexes et l’inclusion des femmes dans le milieu de travail. Depuis 2018, l’indice GIE ne se limite plus au seul secteur financier, ce qui donne une visibilité plus générale sur les actions des grandes entreprises mondiales de tous les secteurs en matière de promotion de l’égalité hommes-femmes.

Cette année, l’indice GEI a sélectionné 230 entreprises, qui ont une capitalisation boursière combinée de 9 000 milliards USD et emploient plus de 15 millions de personnes – dont 7 millions de femmes – dans le monde. L’Argentine, la Chine continentale, Israël et l’Afrique du Sud font partie des 13 marchés représentés pour la première fois cette année.

Les plus grandes entreprises font maintenant de grands efforts pour poser des actions concrètes pour faire partie de cet indice, pour prouver leur engagement dans la cause noble de l’inclusion des femmes dans leur politique de développement.

Bien entendu, les obstacles sont encore nombreux, et varient selon les réalités socio-culturelles. En Afrique, le chemin semble encore plus sinueux et long qu’en occident, car ceux sont bien souvent les droits les plus élémentaires qui sont bafoués, niés. L’accès à l’éducation, la reconnaissance du droit à la propriété, les mariages précoces et j’en passe, sont des obstacles qui semblent être d’une autre époque, vus d’ailleurs, mais qui sont encore, bien malheureusement, réels en Afrique.

Fort heureusement, il y a quand même des avancées considérables, avec surtout des beaux exemples à citer comme l’Ethiopie et le Rwanda, qui observent une stricte parité hommes-femmes dans leurs gouvernements. L’Ethiopie a également à sa tête une femme Présidente de la République et une femme Présidente de la Cour suprême. Des exemples qui inspirent et font rêver les femmes de tous les autres pays africains…mais qui tardent à influencer les 52 autres Etats…

Le chemin reste long, et il passe obligatoirement par l’éducation des jeunes filles, une réelle contribution des hommes, et pour les femmes, la foi en nos capacités, notre valeur et notre force. Enfin, la Solidarité entre femmes, pour s’entraider, s’inspirer mutuellement, se supporter quand il le faut, défendre ENSEMBLE nos droits communs pour notre bien-être commun.

Bonne Journée Internationale des Femmes.

Doussou Komara Massandouno

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