Cameroun : décès de l’assureur Jacqueline Casalegno

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La Française Jacqueline Casalegno, fondatrice de la compagnie Chanas Assurances est décédée le 23 janvier 2019  à Douala à l’âge de 93 ans.

Par Achille Mbog Pibasso, Douala.

Exit définitivement Jacqueline Casalegno de Chanas assurances. Bien qu’éloigné ces six dernières années de la gestion quotidienne de l’entreprise, l’ex toute-puissante présidente-directeur général (PDG) n’a pas survécu à une maladie qui la rongeait, malgré une retraite dans les hautes terres paisibles de l’Ouest, notamment dans le département du Noun où elle dispose d’un vaste domaine foncier.

Son premier combat, il le perd en 2013 lorsqu’il fallait se conformer aux dispositions de l’Organisation pour l’harmonisation des affaires en Afrique (OHADA) qui voudraient que l’organe de contrôle qui est le conseil d’administration soit dissocié de la gestion quotidienne de l’entreprise dévolue à la direction générale. La même année, est nommé un directeur général qui est loin d’être dans les bonnes grâces de la présidente du conseil d’administration, provoquant d’ailleurs un avalanche de directeurs généraux, pas moins de quatre en l’espace de six ans.

Pourtant lorsqu’elle prend la succession de son père dans les années 1950, Jacqueline Casalegno va faire de Chanas & Privat une société de courtage leader dans ce secteur d’activité. Son leadership l’amènera à se séparer de Privat, un autre groupe français, pour créer Chanas sous son contrôle. Son entregent et son savoir-faire attireront des investisseurs de référence, à l’instar de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), le bras séculier de l’Etat dans les transactions pétrolières et gazières qui s’octroient 20% des actions, devenant l’un des actionnaires majeurs de Chanas.

Rachat de l’entreprise publique d’assurance

Avec le rachat de  la Société camerounaise d’assurance et de réassurance (SOCAR)  en 1999 dans une phase de privatisation à « franc symbolique » des entreprises publiques sur injonctions des bailleurs de fonds, en l’occurrence, le Fonds monétaire international (FMI) qui avait placé l’économie camerounaise sous ajustement structurel une décennie plus tôt, Chanas assurance prendra davantage de l’ampleur et dominera sans partage le secteur des assurances au Cameroun. Entre 2002 et 2012, cette entreprise est leader du secteur non seulement au sein de l’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (ASAC) mais également dans la sous-région avec un portefeuille estimé à près de 24 milliards de FCFA. Un chiffre d’affaires qui fait en sorte que cette société est l’une des plus importantes de la Conférence interafricaine des marchés d’assurance (CIMA).

Depuis  2013  après une longue bataille juridique due aux nouvelles dispositions réglementaires de l’OHADA, Chanas assurances et son emblématique dirigeant ont commencé à perdre du terrain. On en veut pour preuve, ces interminables bisbilles pour le contrôle de Chanas assurances dont se sont livrées Jacqueline Casalegno et la SNH, ce qui aura pour effet d’apporter d’énormes changements au sein de l’actionnariat.

Une restructuration qui a donné lieu à un nouvel actionnariat, puisque le capital de Chanas est détenu par des privés Camerounais à 37%, le groupe français Casalegno à hauteur de 20%, la Société nationale des hydrocarbures 20%, l’assureur Gabonais Ogar 18% et d’autres partenaires européens 5%. Présent uniquement dans l’assurance dommages, Chanas a réalisé un chiffre d’affaires de 12,1 milliards de FCFA en 2017, pour un résultat net de 7,1 milliards de FCFA.

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