Le crowdfunding, solution au financement des PME en Afrique

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Le  crowdfunding peut participer grandement à la résorption des besoins de financement des PME africaines, estimés à 331 milliards de dollars, soit bien plus que la capacité de la finance classique.

C’est l’un des principaux enseignements du forum sur le crowdfunding tenu à Dakar, jeudi 15 novembre 2018, en présence des acteurs financiers nationaux et internationaux.

Le fondateur d’Afrikwity & Cofundy et co-président du réseau FPAM, Thameur Hemdane, se basant sur des statistiques,  a montré la limite de financement du système bancaire dans le continent. Selon  le co-organisateur du Forum, « seuls 20% des  PME ont accès aux financements des banques et 30%  aux financements à long terme ».

Explorant les chiffres, Thameur Hemdane a estimé que «l’Afrique compte 44 millions de PME formelles, représentant 33 % du Produit intérieur brut du continent et 45 % des emplois. Parmi  elles, 70% manquent de  financement à long terme et 80 % n’ont pas accès au crédit bancaire ».

Face à cette situation, le fondateur de la plateforme Afrikwity a souligné qu’il est devenue un impératif  aux entreprises africaines de trouver d’autres modes de financements pour palier à ce manque criard de ressources. Le crowdfunding apparaît ainsi comme la solution de financement aux entreprises africaines, notamment aux PME et startup.

«Ces plateformes de crowdfunding sont  également un outil de financement de la culture, de la société civile et de tout type de projet notamment les projets à impact sociaux », a-t-il mentionné.

 

 

« Aujourd’hui le continent connaît une situation où les projets  sociaux  sont très importants, vus les enjeux climatiques  et de développement durable. Donc,  il va nous falloir des solutions  de financement qui soient adaptées   à ce type d’enjeux», informe-t-il.

Interrogé par Financial Afrik  sur la viabilité du crowdfunding en Afrique  dans un contexte de liquidation judiciaire de quelques plateformes dédiées en France, le financier a répondu que cela n’empêche pas  de développer la finance participative  en Afrique.

«C’est à nous de tirer les bonnes leçons de ce qui se passe dans les pays du nord et Européens pour effectivement construire un cadre règlementaire qui permettra d’éviter probablement des dérives ou des manquements».

 

Apportant des précisions sur cette affaire, un autre  panéliste  a expliqué,  « qu’il y a une centaine de plateformes en France. Il est normal que certaines  disparaissent au moment de la création de l’activité ».

Et d’ajouter, «ce qui est important c’est  la  croissance très forte des montants levés, en  hausse de 36% au premier semestre 2018, comparé  à la même période de 2017».

A valeur d’aujourd’hui, 16% des français ont déjà participé à des collectes,  soit 1 français sur 7  et 38 %  envisagent  de le faire  dans les 12 mois qui viennent.

« Tout cela montre que le levier  c’est aussi le goût, l’appétit des habitants, quelque soit le pays, pour des formes  qui leur permettent de participer, de choisir  et de s’impliquer directement. Au delà des entrepreneurs et des co-entrepreneurs, toute la population est maintenant impliquée et responsable  dans ce nouveau jeu.  Et, par conséquent, cette force-là ne peut  s’arrêter », a  conclu M. Hemdane.

Dans un monde où les capitaux circulent aussi librement, l’Afrique a sa marge de manœuvre, en misant sur les innovations financières pour capter davantage de fonds afin de financer  ses projets socioéconomiques.

Rappelons que, le crowdfunding,  encore méconnu du grand public africain, a permis de lever  153 millions de dollars en 2017 selon les chiffres de la BAD.

 

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