Guinée : l’État décide de fermer la société de téléphonie INTERCEL GUINEE

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Cette décision rendue publique ce mercredi 10 octobre 2018 par l’autorité de régulation des postes et télécommunication (ARPT) a fait l’effet d’une bombe pour les employés et l’ensemble des acteurs de la chaine de valeur qui gravitait autour de la quatrième société de téléphonie du pays.

Arrivée en Guinée en 1993, avant Areeba (actuel MTN Guinée), Orange Guinée et Cellcom sous l’appellation TELECEL Guinée,  avant d’être rebaptisée Intercell Guinée, cette société après plus de quatre décennies d’activité n’a jamais su s’imposer face à ses concurrents à cause du faible niveau d’investissement consenti et de l’absence d’un leadership rigoureux et ambitieux. Elle ne possédait que 1 % des parts de marché en 2017 contre 2 % en 2015, bien loin des 57 % d’Orange Guinée, l’opérateur leader pourtant arrivée en quatrième et dernière position sur ce marché.

INTERCELL avait pourtant tous les atouts pour réussir… après toutes ces années passées à attirer l’attention des dirigeants successifs de la société INTERCEL GUINEE sur sa gestion, les autorités guinéennes ont finalement décidé de lui mettre la clef sous le paillasson.

 

Le Ministère guinéen des Postes et télécommunications et de l’Économie Numérique motive sa décision par la situation préoccupante que traverse la société INTERCEL GUINEE  depuis l’obtention de sa licence en 2006 et qui s’est  traduit au fil des années par : « Un endettement persistant envers l’État, les opérateurs de téléphonie et autres prestataires de services; Un manque d’investissement nécessaire à l’extension de son réseau 2G pour respecter ses obligations contenues dans le cahier de charges ; Des résultats financiers négatifs déclarés chaque année ; des pratiques frauduleuses dénoncées par les autres opérateurs ; Une réduction drastique de l’étendue de la couverture réseau  et la dégradation de la qualité de service fournie ; des problèmes récurrents avec le  personnel, source de fortes tensions sociales » peut t-on lire dans son communiqué.

 

Les autorités guinéennes ont ainsi décidé de prendre, d’après elles, les dispositions qui s’imposent pour mettre fin à une situation qui a un impact négatif sur le secteur des télécommunications et décide de l’arrêt définitif des opérations d’INTERCEL GUINEE sur toute l’étendue du territoire ainsi que de la commercialisation de l’ensemble des produits et services de télécommunications (vente de cartes SIM, recharges etc..) à partir de ce Mardi 09 Octobre 2018, en accordant toutefois  le maintien des communications des abonnés sur le réseau d’INTERCEL GUINEE exclusivement pour une durée maximum de trente (30) jours.

 

Flasback sur une aventure au goût d’inachevée

À la faveur de la libéralisation des ondes en Guinée, entre 2005 et 2006, Latif TALEB,  fondateur et propriétaire d’ETI-BULL un fournisseur d’Accès Internet et d’intégration de Systèmes racheta INTERCEL qui avait du mal à suivre la concurrence de nouveaux acteurs fraichement installés dans le secteur de la téléphonie en Guinée et qui ont injecté de gros investissements pour capter des parts de marché importantes.

Latif TALEB réussit non seulement à acquérir une nouvelle licence pour INTERCEL en Mai 2006, mais mieux, il va ouvrir en 2007 le capital de la société et réussira à faire venir le groupe TEYLIUM TELECOM du milliardaire Sénégalais Yérim SOW dans le capital d’INTERCEL Guinée.

En octobre 2011, un autre investisseur entre dans le capital de la société INTERCELL, il s’agit d’Expresso, filiale du groupe Sudatel. En réalité il s’agit d’une cession des parts  du groupe TEYLIUM TELECOM de Yérim SOW dans Intercel au profit de Sudatel. Après donc quatre ans d’actionnariat à Intercel, le milliardaire sénégalais se retire au profit de la soudanaise, Sudatel.  TALEB occupant toujours la Présidence du Conseil d’Administration (PCA).

Malgré toutes les réformes et perspectives nourries par les actionnaires Intercel Guinée ne parviendra jamais à rivaliser avec le trio Orange-MTN- Cellcom, quoique faisant partie des pionniers avec la société de téléphonie de Guinée (SOTELGUI) qui ira en faillite en 2012 avant d’être dissoute en 2017.

Comme la SOTELGUI il 6 ans, c’est une nouvelle étoile qui vient de s’éteindre dans la constellation du secteur de la téléphonie en Guinée.

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