Entretien avec georges kavege, la nouvelle pépite togolaise du courtage panafricain 

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« Notre ambition, c’est de bâtir un réseau panafricain de classe mondiale »

 

C’est après un parcours presque « atypique » que Georges Kavege fait son entrée dans le courtage d’assurances. Ancien d’Ecobank Transnational Incorporated (ETI), de SGI Togo et de C2A, ce Togolais de 56 ans se donne le défi de bâtir un empire panafricain dont la mission est de créer et de gérer des sociétés de courtage d’assurances. Exclusif !

 

Vous venez de lancer officiellement à Lomé, une société de courtage d’assurances dénommée Afrik Assurances. Quelles sont les missions que vous assignez à votre entité ?

Notre principal mission, c’est d’être leader sur notre marché et dans tous les pays où nous sommes installés, en proposant aux clients, personnes physiques et morales, des conseils sur mesure, et des solutions d’assurances adaptées à leurs besoins, en vue de la protection effective de leurs biens et des patrimoines.  Cette mission se décline en trois principaux points qui sont de rassembler, de délivrer et de respecter.

D’abord rassembler : tout en préservant notre indépendance, nous devons rassembler autour de partenariats pérennes l’ensemble des acteurs, c’est-à-dire assureurs, réassureurs, experts, etc., en vue d’offrir aux clients les meilleures solutions provenant de spécialistes engagés, et basées sur une charte orientée en priorité vers la défense des intérêts de nos clients. Délivrer ensuite des conseils personnalisés, fondés sur la base d’analyses et d’audit de chaque situation particulière en vue de proposer des solutions sur mesure, susceptibles de convenir aux besoins de chaque assuré. Et enfin, respecter les engagements pris vis-à-vis de notre clientèle, et mettre au cœur de cette relation de confiance la pratique de l’éthique et le respect des normes et standards les plus élevés.

 

Votre société est contrôlée, à ce jour, par Afrik Global Investors Group, une autre entité que vous dirigez. Quelles sont ses domaines d’intervention ?

C’est une société holding, maison mère du réseau panafricain de sociétés de courtage en assurances dénommées Afrik Assurances. Il s’agit d’une société de participation financière et de gestion de patrimoine dont la mission est de créer et de gérer des sociétés de courtage d’assurances dans lesquelles elle détient des participations majoritaires. Elle assume la supervision et le contrôle de ses filiales opérationnelles que sont les sociétés de courtage principalement dans la Zone CIMA (Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances), mais également au-delà.

Notre ambition, c’est de déployer le projet Afrik Assurances dans l’ensemble de pays de la zone CIMA, mais également au-delà. C’est aussi de bâtir un réseau panafricain de classe mondiale et œuvrer pour le développement et la vulgarisation des assurances en Afrique subsaharienne. Le groupe a pour vocation principale, de fournir des solutions financières et techniques et une assistance managériale aux filiales qu’elle détient ou dans lesquelles elle pourrait détenir une participation financière majoritaire. Elle se veut aussi une entreprise citoyenne qui fonctionne selon les standards et les normes d’éthique les plus élevées, soucieuse de valeurs comme le respect de l’environnement et le développement durable.

 

Vous êtes un ancien d’ETI dont vous avez dirigé la société de gestion d’actifs. Doit-on conclure que vous tournez désormais le dos au secteur bancaire, pour vous consacrer uniquement aux assurances ?

Comme vous le savez, j’ai eu le privilège comme beaucoup d’autres d’avoir travaillé dans cette grande institution, et d’y avoir occupé différents postes à responsabilité. J’ai été par deux fois, tour à tour, directeur général de deux filiales spécialisées toutes les deux basées à Abidjan, que sont aujourd’hui EDC Investment Corporation qui est la SGI du Groupe pour la Zone UEMOA, et EDC Asset Management que j’ai créé. Après presque 18 ans de bons et loyaux services rendus donc à ETI, j’ai décidé de quitter en 2017. C’est exact de dire qu’aujourd’hui que toute mon énergie et ma motivation sont tournées vers le déploiement de cet ambitieux projet panafricain qu’est Afrik Assurances. Mais je ne tourne pas le dos au secteur bancaire ; bien au contraire. Je compte donc mettre à la disposition du secteur financier et bancaire en particulier cette expérience que j’ai eue et cette expertise unique en toute humilité en étant le principal artisan au cœur de la stratégie de gestion des risques assuranciels au sein du plus vaste ensemble bancaire panafricain sur le continent. C’est donc tout naturellement qu’Afrik Assurances se veut l’expert par excellence s’agissant des risques liés aux établissements bancaires.

 

Quelles sont vos perspectives sur le court, moyen et long terme avec votre nouvelle structure ?

A court terme, les perspectives sont de continuer la promotion d’Afrik Assurances au Togo pour mieux asseoir sa présence et affirmer son identité dans le paysage togolais, et parachever l’installation  en cours de la société en République de Côte d’Ivoire, au Bénin et au Burkina. A moyen terme, tout en continuant de travailler d’arrachepied pour rentabiliser les investissements des actionnaires, poursuivre notre politique d’expansion tout en gardant le cap de la recherche de l’excellence, et de l’innovation afin d’offrir aux clients des services et des solutions premium. Vous savez, notre crédo, c’est aussi d’améliorer sans cesse la qualité de services et des solutions sur mesure, dans le but de gagner cette relation de confiance que nous souhaitons bâtir partout avec nos clients. Et sur le long terme, être le véritable courtier panafricain aux racines 100% africaines. Incarner la référence en matière de courtage en assurances et revendiquer la position de leader dans la zone CIMA au service des populations et des entreprises de cette zone.

 

Quelles analyses faites-vous du secteur togolais des assurances ?                                         

Le marché des assurances au Togo, à ce jour, est composé de plusieurs compagnies d’assurances, d’un réassureur et de plusieurs intermédiaires. De façon plus précise, on dénombre 13 compagnies agréées, dont 7 opèrent dans le domaine des assurances de dommages, et six en assurance vie. A cela, on doit ajouter les intermédiaires tels que les courtiers d’une part, et de l’autre, les agents généraux, les agents commerciaux et les apporteurs d’affaires. En tant que membre de la zone CIMA, les sociétés d’assurances au Togo sont soumises à sa règlementation. Et le secteur est donc très concurrentiel. On peut reconnaitre que durant la dernière décennie, l’arrivée de nouveaux acteurs sur le territoire national a contribué à une redynamisation du secteur. Les nouvelles compagnies, en arrivant, ont cherché à prendre leur marque et ce faisant, à rogner sur la part de marché, obligeant les devancières à sortir de leur torpeur en devenant plus « agressif » commercialement.

Cependant, le dynamisme constaté et évoqué plus haut sur notre marché ne doit pas, à mon humble avis, masquer les lacunes ou les difficultés réelles comme la très faible pénétration des assurances dans toutes les couches de la population. Ce constat est le même dans la plupart des états membres de la zone CIMA et n’est donc pas propre au marché Togolais. Ce n’est donc faire grief à quiconque que de dire que malgré ce regain de vitalité constaté par endroit, le secteur qui va connaitre bientôt des bouleversements importants liés à un changement d’ordre réglementaire, dont la multiplication par 5 du montant minimum du capital social exigé pour les compagnies d’assurances, est malgré tout marqué par d’un certain conservatisme.

Les rares innovations ne se sont pas traduites dans la réalité quotidienne par un changement radical dans la manière de consommer les solutions et les services d’assurances. On peut donc se demander si les produits sont adaptés aux réels besoins des consommateurs que sont les assurés. On peut aussi se poser la question de savoir si les circuits de distribution des produits d’assurance ont évolué en tenant compte des évolutions notamment en matière de nouvelles technologies de l’information pour atteindre les couches de la population tenues à l’écart.

Propos recueillis par Nephthali Messanh Ledy

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