la mission du Fonds monétaire international (FMI) ayant séjourné fin octobre à Lomé dans la cadre de la revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit n’a pas caché son inquiétude au sujet de la situation politique qui prévaut dans le pays.
Selon le communiqué publié par l’équipe conduite par Ivohasina Razafimahefa,
l’économie togolaise pourrait faire face à des risques malgré «les perspectives à
moyen terme globalement positives». En particulier, précise-t- il, «les tensions, si
elles persistaient, pourraient entamer la confiance des consommateurs et des
investisseurs et, par conséquent, avoir une incidence sur les performances
macroéconomiques».

En effet, le pays vit une crise politique depuis quelques mois, marquée par de
violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants aussi bien dans la
capitale Lomé qu’à l’intérieur. Déjà, l’on dénombre plus d’une quinzaine de morts et
environ 200 blessés.

« Le taux de croissance économique en fin d’année devrait se situer légèrement en
deçà de 5% », selon Ivohasina Razafimahefa, qui annonce un taux d’inflation
nominal en glissement annuel de -2,5% en juillet 2017, principalement en raison de
la baisse des prix des denrées alimentaires. Le pays tablait pourtant sur une hausse
de 5,1% en 2017 notamment grâce à la hausse attendue de la productivité
« favorisée par la modernisation récente des infrastructures et par les financements
extérieurs obtenus à des conditions favorables ».

 

Progression

Selon Sani Yaya, ministre de l’économie et des finances du Togo, la dette publique
se situe désormais à 71,9% du PIB à fin octobre (hors dette sociétés d’Etat), contre
un ratio de 80% annoncé au 31 décembre 2016. Une progression dont se vante
Lomé, qui ne quitte pas des yeux le taux maximal fixé par les critères de
convergences de l’Uemoa (70%).
« L’assainissement des finances publiques a commencé avec pour objectif de
ramener la dette à un niveau plus soutenable », commente le chef de mission du
FMI. Avec des dépenses jugées « considérablement réduites », l’on indique un solde
budgétaire primaire excédentaire de 1,4% du PIB entre janvier et juin 2017.
Par ailleurs, informe le FMI, les autorités togolaises « déploient de grands efforts
pour aligner le projet de budget 2018 sur leur programme de réformes économiques
appuyé par l’accord de Facilité élargie de crédit ». Des réformes qui visent un
assainissement plus poussé des finances publiques avec un déficit budgétaire
primaire prévisionnel de 0,2% du PIB.

 

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