Le Cameroun solide sur son B/B en dépit des risques de sucession de Paul Biya (S&P)

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Paul Biya, 85 ans dont 35 au pouvoir, vient de s’offrir un nouveau septennat à la tête du Cameroun.

Le 13 octobre 2017, S&P Global Ratings a confirmé ses notes «B» attribuées à la dette souveraine à long et à court terme de la République du Cameroun. La perspective est stable.

L’agence de notation se fonde sur les paramètres suivants: la mise  la mise en œuvre de vastes projets d’investissements devant soutenir la croissance économique du pays dans les années à venir, le programme conclu avec le FMI par le Cameroun et trois autres pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC)  sensés alléger  les tensions extérieures et budgétaires de l’union monétaire.

“La perspective stable reflète nos prévisions de croissance solide dans le pays et de consolidation budgétaire progressive au cours de l’année prochaine”, relève l’agence. Un abaissement de la note du pays interviendrait “si une instabilité politique prononcée ou d’autres chocs venaient à se matérialiser, conduisant par exemple à des pressions sur le taux de change et sur les réserves de change. Les notes pourraient également être revues à la baisse si la dette extérieure et la dette publique augmentent sensiblement plus rapidement que nous le prévoyons aujourd’hui”.

Par contre, poursuit le rapport S&P, les notes pourront être relevées  “si notre opinion à l’égard des institutions du Cameroun devait s’améliorer considérablement, à savoir si plus de transparence et de certitude quant à la succession à la présidence venaient à apparaître. Les notes pourraient également être revues à la hausse si le rythme de croissance s’accélère au-delà de nos anticipations actuelles, sous l’impulsion d’investissements publics dans les infrastructures ou grâce à la mise en place d’autres réformes structurelles, sans créer de déséquilibres supplémentaires”.

 

La question cruciale  de la succession de Paul Biya 

 

[private] Les notes du Cameroun restent contraintes par les risques politiques entourant la succession à la présidence. Extraits du rapport: “…Selon nous, les risques liés à la succession du Président de la République restent élevés. Nous nous attendons à ce que le Président Paul Biya reste au pouvoir jusqu’aux prochaines élections prévues fin 2018. Nous pensons que les risques liés à la stabilité politique existent, notamment compte tenu du manque d’expérience du pays en matière d’alternance politique (le Président Paul Biya est au pouvoir depuis 1982) et de la présence de différentes communautés ethniques, religieuses et régionales dans le pays.

De vives tensions subsistent entre la minorité anglophone et le gouvernement central dans les régions du nord-ouest et du sud-est du pays. Les menaces du groupe terroriste Boko Haram persistent également dans la région de l’Extrême-Nord. Cependant, nous jugeons que les risques de déstabilisation marquée restent pour le moment contenus suite aux campagnes de l’armée camerounaise et la coopération régionale et internationale, notamment avec le Tchad, le Nigeria et les États-Unis.

Nous estimons le PIB par habitant à 1 425 dollars en 2017. Nous prévoyons que la croissance du PIB réel atteindra en moyenne 4,6% en 2017-2020, portée par la mise en œuvre de vastes projets d’infrastructures tels que le port en eaux profondes de Kribi, la centrale électrique de Lom Pangar et d’autres projets routiers et de barrages.

Nous anticipons un bond de la production gazière en 2018 suite à la mise en route du terminal flottant de gaz naturel liquéfié, ce qui devrait compenser le recul de la production pétrolière observé depuis 2016. Nous nous attendons de plus à ce que la production agricole continue d’augmenter grâce aux investissements visant à stimuler la productivité et à la politique de substitution aux importations. L’activité économique s’est révélée résiliente au cours des dernières années, malgré la chute des prix du pétrole et la fragilité de la situation en matière de sécurité dans l’Extrême-Nord.

Le repli des cours pétroliers a été partiellement compensé par une hausse de 27% de la production pétrolière en 2015, qui a atteint 35 millions de barils. Cette augmentation est principalement due à la mise en service de nouveaux champs pétroliers et à la production accrue des champs existants. Toutefois, nous n’anticipons pas de hausse de la production dans les années à venir. Le secteur pétrolier a représenté moins de 10 % du PIB, près de 30 % des exportations et 15 % des recettes budgétaires en 2016. Nous prévoyons un cours du Brent à 50$ le baril en moyenne en 2017 et 2018, puis à 55$/baril de Brent en 2019. [/private]

 

 

 

 

 

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