Burkina Faso : les révélations de l’enquête FINSCOPE sur l’inclusion financière

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Par Mamadou Aliou Diallo 

fincop

Initiée dans le cadre du processus d’élaboration de la stratégie nationale de finances inclusives au Burkina Faso, les résultats de l’enquête sur l’inclusion financière dénommée ‘’Finscope’’ ont été présentés ce mardi 18 avril 2017 à Ouagadougou.

Lancée en mai 2016 et clôturée en fin juin de la même année, cette enquête a été menée sous l’égide du ministère burkinabé de l’économie et des finances avec l’appui du Fonds d’équipement des Nations unies (UNCDF). Il ressort de cette enquête, selon les officiels du ministère burkinabé de l’économie et des finances, que 39% des burkinabés (adultes) sont exclus financièrement.

Ces chiffres impliquent, selon le rapport, que près de 40 % des adultes « n’utilisent aucun produit/service financier, ni formel ni informel pour gérer leurs finances; 21% utilisent seulement des mécanismes informels. Par ailleurs, 22% d’adultes utilisent d’autres produits/services formels non bancaires, mais aucun produit bancaire commercial ».

Un taux d’inclusion très faible

« Par contre, 18% qui utilisent des produits/ services bancaires commerciaux pourraient aussi avoir utilisé d’autres mécanismes formels ou informels. Quant au niveau d’épargne, l’enquête fait ressortir que 49% des Burkinabès n’épargnaient pas au moment de l’enquête; 6% gardaient toutes leurs économies à la maison. Par contre 26% utilisent des mécanismes informels tels que l’épargne en groupes (ils pourraient également économiser à la maison, mais n’utilisent pas des produits d’épargne formels). 10% ont recours à des produits d’épargne non bancaires formels; tandis que 9% utilisent des produits d’épargne d’une banque commerciale ».

Les recommandations

Les travaux de l’enquête FINSCOPE sont également assortis de recommandations dont le but est d’améliorer l’inclusion financière au Burkina Faso.

Parmi ces directives en matière de politique d’inclusion financière, il ressort la nécessité : de poursuivre l’instauration d’un environnement favorable à la mise en place de comptes sans frais, à faible coût pour approfondir la couverture bancaire afin de mieux répondre aux besoins; du soutien à la commercialisation pour améliorer le secteur agricole ainsi que les revenus des acteurs grâce à une approche développement filière au niveau régional; l’assurance pour mieux gérer l’impact des risques, etc…

De l’avis des enquêteurs, « l’éducation des clients et l’éducation financière constituent des problèmes réels au Burkina Faso. L’interaction avec les produits financiers tels que l’assurance est rendue difficile par manque d’éducation financière. Toutefois, ils estiment que l’épargne est le principal moteur de l’inclusion dans ce pays. Ce qui est largement guidé par les mécanismes informels et ceux qui ont des comptes d’épargne ».

Selon les données de cette enquête, « la région du Centre est la plus formellement exclue avec 81%, suivie des Hauts-Bassins avec 50%. La région de la Boucle du Mouhoun a la plus forte proportion d’adultes (35%) avec d’autres produits formels (non bancaires). Selon l’enquête de FINSCOPE, la proportion de population exclue la plus élevée se situe dans la région du Centre-Est avec 70%, suivie par la région de l’Est. En revanche, les épargnes sont globalement plus élevées dans les régions du Centre et du Sahel (72%), du Centre-Sud et du Plateau Central (67%) grâce) des économies informelles dans le bétail ».

 

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