Côte d’ivoire: la Banque Mondiale renouvelle son bail

0

WASHINGTON, 29 septembre 2015

Le Conseil des administrateurs du Groupe de la Banque mondiale a endossé aujourd’hui un cadre de partenariat avec la Côte d’Ivoire couvrant la période 2015 à 2019. Pour ces quatre prochaines années, la Banque mondiale et la Société financière internationale (IFC) prévoient respectivement un programme de prêts et d’investissements pouvant atteindre jusqu’à 1 milliard de dollars pour chacune des deux branches du Groupe ; de son côté, l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) est prête à étudier de nouvelles garanties. L’objectif est d’aider la Côte d’Ivoire à bâtir une économie compétitive et inclusive.

« C’est une journée historique. Avec ce nouveau cadre, notre institution en tant que groupe dispose, pour la première fois depuis plus de 50 ans de collaboration avec la Côte d’Ivoire, d’un outil stratégique unique et unifié au service du programme de développement du pays. Novateur en ceci qu’il conjugue des instruments de financement bien ciblés, une assistance technique et l’apport de connaissances, ce cadre permettra à la Côte d’Ivoire de se hisser au statut d’économie émergente et, parallèlement, d’éliminer les causes et les conséquences résiduelles de sa fragilité. La Banque mondiale, l’IFC et la MIGA uniront leurs ressources et leurs compétences pour créer les conditions d’une croissance tirée par le secteur privé à la fois durable et sans exclus, à travers la création d’emplois et la lutte contre la pauvreté », déclare Ousmane Diagana, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Togo, le Bénin et la Guinée.

Le Conseil a salué le retour de la stabilité en Côte d’Ivoire, propice à la modernisation de l’économie et à l’élimination de disparités anciennes, exacerbées par dix années de crise pendant lesquelles la Banque mondiale a dû suspendre ses opérations à quatre reprises. Le cadre de partenariat propose une stratégie conforme au double objectif du Groupe de la Banque mondiale de mettre fin à l’extrême pauvreté et de promouvoir une prospérité partagée. Depuis quatre ans, la Côte d’Ivoire opère une transition remarquable : elle a renoué avec une relative stabilité après la crise, et, grâce à cette stabilisation, elle a pu sortir de sa situation de fragilité et d’« équilibre de bas niveau » pour prétendre aujourd’hui au statut d’économie émergente potentielle.

« Le cadre panachera différents instruments en s’appuyant sur les points forts des trois institutions du Groupe de la Banque mondiale, dans le but d’offrir à la Côte d’Ivoire une assistance complète pour s’atteler dans les meilleures conditions possibles aux ambitieux objectifs de développement du pays tout en mobilisant un volume conséquent de financements privés », souligne Cassandra Colbert, représentante de l’IFC pour la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Libéria, le Mali et la Sierra Leone.

Le cadre s’articule autour des deux trajectoires et cinq conditions préalables identifiées dans le diagnostic systématique pour mettre fin à l’extrême pauvreté et promouvoir une prospérité partagée. Les deux trajectoires visent respectivement à créer des emplois de meilleure qualité en s’appuyant sur une croissance tirée par le secteur privé dans l’agriculture, l’agroalimentaire et d’autres secteurs, et à renforcer le capital humain pour installer une croissance inclusive, en améliorant l’efficacité et la qualité des dépenses d’éducation, de santé et de protection sociale et en élargissant l’accès aux services essentiels tout en rehaussant la qualité de la main-d’œuvre indispensable à l’essor du secteur privé. Pour cela, cinq grandes conditions doivent être réunies : a) stabilité sociale et politique durable ; b) stabilité macroéconomique et viabilité de la dette ; c) réforme agraire ; d) développement d’un secteur financier inclusif ; et e) renforcement de la gouvernance.

Le portefeuille actuel de la Banque mondiale comprend 14 projets (dont trois d’envergure régionale), soit un volume d’engagements de 750 millions de dollars, contre 1 237 millions de dollars pour l’IFC. Quant à la MIGA, elle soutient à travers ses garanties le déploiement d’infrastructures clés pour la transformation du pays.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here