L’Afrique a-t-elle les capacités d’exécuter l’agenda 2063?

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Les impératifs de capacités de l’agenda 2063 ont fait l’objet d’un panel de haut niveau, le 26 mars 2015 à Addis Abeba.

C’est en marge de la 8e réunion conjointe du 1er Comité technique spécialisé de l’UA des Ministres des Finances, Affaires monétaires, Planification et intégration économiques et de la 48e Conférence de la CEA des Ministres des Finances, Planification et Développement économique.
«Les capacités sont d’abord humaines et institutionnelles», relève d’emblée Samuel Nyambi, coordonateur, services de capacités et de développement à la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF), invitant les Etats africains à la mise en place d’un ordre de priorités pour la transformation radicale de l’Afrique suivant l’agenda 2063.
Et l’expert d’appeler à porter l’intérêt sur des capacités composites comme la planification stratégique nécessaire dans la conduite des grands projets. «Avons-nous assez d’experts en mines, en Énergie, en infrastructures, en gestion de l’eau et dans les disciplines techniques»?
Ces interrogations ne pourront trouver réponse sans prendre en compte le rôle de l’Etat dans son leadership de conducteur du développement, relève Dr Abdalla Hamdok, Sécrétaire exécutif adjoint de la CEA. Une vision que partage le professeur Emmanuel Nnadozie, Sécrétaire exécutif de l’ACBF. «Le problème ce n’est pas l’absence de capacité. L’Afrique regorge de nombreux ingénieurs qui émigrent souvent. Nous devons non seulement doubler ce nombre mais le faire aux normes et trouver un moyen de les retenir».
Les experts ont abondé dans le sens du changement de paradigme dans les écoles et les universités, afin, arguent-ils, de former des créateurs d’emplois et non seulement des demandeurs d’emplois.
Le Prof. Olu Ajakaiye, Président exécutif du Centre africain pour le renforcement partagé des capacités de développement, a mis l’accent sur l’intégration et la mobilisation des ressources domestiques afin de faire l’Afrique que nous voulons. Autrement, nous feront l’Afrique que les bailleurs veulent».
L’agenda 2063 échapper a-t-il au sort des plans qui l’ont précédé ? Oui, à condition qu’il procède d’abord au niveau national, régional puis continental». Or actuellement, c’est plutôt l’inverse, note l’un des participants. De nombreux pays africains ont investi dans les capacités techniques et scientifiques à l’image de l’Ethiopie passée de de 2 à 46 universités. Mais pour autant, la mobilité des hommes de science reste encore un voeu pieux.

A propos de l’agenda 2063

En Juin 2012, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) ont mandaté le Président de la Commission de l’Union africaine (CUA) en collaboration avec la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), la Banque africaine de développement (BAD) et l’Agence du NEPAD pour mettre au point l’Agenda 2063. Ce programme intervient alors que 90% des projets africains sont financés de l’extérieur. Idem pour l’Union Africaine financée à 90% de l’extérieur. A terme, l’agenda 2063 vise à inverser la donne pour arriver à une part de 75% de financement africain de l’organisation continentale.

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