L’Afrique dans un monde imprévisible (éditorial)

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Par Adama Wade

Une princesse de la lignée de Hiro Hito qu’on enterre dans le cercle de feu et c’est une petite usine familiale du fleuve Mano qui encaisse les pertes. Le deuil de 6 mois décidé au Japon et c’est le business plan de l’entreprise guinéenne exportatrice de poulpes qui est faussé. Ainsi évolue ce monde, de plus en plus interconnecté.

La guerre du Kivu n’avait-elle pas retardé la Play station II de Sony ? Une telle interpénétration brouille l’analyse. Dans un monde globalisé, fonctionnant en mode accéléré, bien téméraire serait l’oracle qui se hasarderait à en prédire les trajectoires. Les lignes de force échappent aux méthodes classiques de prévision. Les paramètres de l’analyse font appel à plusieurs disciplines. C’est pourquoi nous avons sollicité diplomates et juristes de l’ADA (dans un journal de haute facture que vous retrouverez tous les mois encarté dans Financial Afrik), à nous aider au décryptage de l’actualité aux côtés de nos interlocuteurs classiques que sont les banques
et les acteurs du monde financier en général.

Les traders en conviendront avec nous, les quotas de l’OPEP n’ont pas plus d’emprise sur le cours du Brent qu’un vol plané de pélicans sur le Banc d’Arguin. La santé de l’euro dépend plus de la planche à billet que des quantités objectives professées dans les écoles de commerce. N’a-t-on pas vu le Franc Suisse faire sa révolution en une nuit et se défaire d’une parité fixe devenue pesante, massacrant quelques fonds au passage?

Bref, nous l’oublions souvent, le politique et le diplomatique ont des influences prépondérantes dans l’évolution du cours des actifs, des biens et services.
Pour 2015, toute l’Afrique s’interroge sur l’évolution des matières premières. Les paramètres géopolitiques sont clairs: la guerre froide entre la Russie et les USA perdure. La Chine, premier client africain, vise un petit 8% de croissance. Et pendant que le minerai de fer essuie sa énième culbute, les deux rives du Congo réclament l’alternance démocratique à l’unisson, ce qui n’est pas sans effrayer les investisseurs acquis aux sirènes de l’Afrique émergente.

Dans ces conditions, les dernières prévisions du FMI, qui rabaissent d’un cran les croissances des économies africaines, en dépit de leur part de prophétie auto-réalisatrice, relèvent de l’anecdotique. Qui aurait pu prédire que le pétrole qui cotait à 115 dollars à la mi- juin 2014 allait retomber à 50 dollars au début janvier 2015? Que dire de l’or, valeur refuge depuis 5000 ans qui a repassé allègrement au-dessus des 1 300 dollars prenant à contre-pied les analystes qui l’attendaient sur la plage des 1 000 dollars? Une chose est sûre, les gestionnaires de la dette africaine devraient redoubler de vigilance en 2015 et user, pourquoi pas, de plus de contrats de couverture que d’habitude.

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