La fièvre Ebola affecte le PIB de l’Afrique de l’Ouest

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Revenu national brut (en mds de dollars) PIB par habitant (en dollars) Populations (en millions)
Liberia 2,442 413, 7 4,19
Sierra Leone 7,994 634,92 5,979
Guinée 11,12 491,79 11,45

 

 

L’attaque d’un centre d’isolement de malades atteints d’Ebola, dans la nuit du 16 août, illustre l’impuissance des pouvoirs publics libériens. Des dizaines de malades s’en sont échappés, participant à augmenter la psychose. Rappelons qu’ à l’intérieur du Liberia, trois districts sont isolés. Considérés comme foyers de propagation de la maladie, ces zones sont quadrillées par l’armée.  Les marchés et les zones de rassemblement sont fermés.  Les compagnies aériennes à l’instar d’Emirates et de Kenya Airways ont stoppé toute liaison avec les pays touchés.  Le liberia qui selon son ministre des Finances, Amara Koneh, a perdu 90% de son PIB à la fin de la guerre civile en 2003,  payera au tarif lourd le prix de cette épidémie. La fièvre intervient alors que le pays remonte la pente avec une croissance de 8% en moyenne depuis dix ans. Une croissance peu créatrice d’emplois puisque concentrée dans les mines et les grumes évacués plus qu’exportés vers l’étranger. Le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée connaissent les mêmes contrastes.

Ces trois pays ouest africains  partagent en commun une triste réalité : un potentiel minier élevé, une  quasi-faillite des structures sanitaires,  une paupérisation massive et une «ONGénisation» des fonctions vitales de l’Etat.  Ce sont des scandales miniers, géologiques, politiques et économiques qui connaissent une timide vague de démocratisation.  La typologie est la même : des profits élevés dégagés par les miniers et des  Etats vivant aux crochets de l’aide internationale.  Si la santé consacre virtuellement l’un des postes les plus élevés des budgets de ce pays (pour payer les salaires), il faut en convenir, les structures sanitaires sont défaillantes. L’urbanisation rapide a créé des zones de peuplement où l’assainissement, l’eau potable et l’hygiène élémentaire font défaut.  Tout comme la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, deux pays en phase de reconstruction post-conflit, sont potentiellement très riches.   Mais là aussi, l’Etat, qui se relève d’une faillite réelle, n’arrive pas à encadrer les flux urbains et les zones de peuplement par des structures sanitaires adéquates.  La sécurité n’est plus assurée, l’armée et la police étant dépassées.  

Bref, il est assez tôt pour tirer les conclusions sur une fièvre qui a déjà fait 1145 morts et  provoque une psychose mondiale.  Mais un constat est certain, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, épicentre de la crise, devront revoir leurs prévisions économiques à la baisse

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