Quand le marché du palladium prend feu

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PalladiumLe palladium renoue avec ses heures de gloire de 2011. L’once s’est approchée du seuil des 800 $ l’once, un seuil qu’elle n’avait pas même entrevu depuis 2 ans. Le bond du “platine du pauvre” ces derniers jours s’explique en grande partie par les rugissements des chars dans les plaines ukrainiennes.

Par Florent Detroy, la Quotidienne de la croissance

 

Alors que certains soupçonnent la Russie de vouloir annexer des morceaux de plus en plus larges de l’Ukraine, les sanctions économiques ont plu sur l’économie du pays.

Or Moscou est le premier producteur de palladium de la planète, avec 42% de la production mondiale. Mieux, la Russie possède pratiquement l’ensemble des réserves. Résultat, les investisseurs, restés prudent en janvier, ont commencé à paniquer en mars et se sont rués sur le métal.

Tout mouvement de panique doit être observé avec prudence. L’or a également été victime de la stratégie russe début mars. La recherche d’une valeur refuge devant ces relents de Guerre froide a porté l’once à 1 380 $ mi-mars, contre 1 250 $ début février.

Mais en quelques jours, le métal jaune a perdu 6% et chutait vers les 1 300 $. Si certains craignent un scénario similaire sur le palladium, je pense à l’inverse que ce métal n’est pas un ballon de baudruche doré prêt à éclater au moindre courant d’air.

Un marché tiré par l’industrie…
A la différence de l’or, le palladium a longtemps été épargné par les affres de la spéculation. La demande est encore en grande majorité le fait d’industriels. En dehors de la parenthèse de 2010 — où il a fait une courte percée dans la bijouterie –, le palladium reste fidèle depuis des années à son premier amour : le pot d’échappement. En effet, il est un des premiers métaux utilisés pour filtrer les particules des véhicules, en concurrence avec le platine. Résultat, les trois-quarts du palladium sont consommés par l’industrie automobile. Et avec la reprise de ce marché aux Etats-Unis — et plus modestement en Europe –, les industriels ont raison de s’inquiéter pour leurs approvisionnements.

 

… et qui craint Moscou depuis plusieurs années
Les consommateurs de palladium ont d’autant plus de raisons de s’inquiéter qu’ils scrutent avec anxiété depuis plusieurs mois déjà les cours. Il faut à nouveau se tourner vers la Russie pour comprendre cette inquiétude : tous craignent l’épuisement des stocks russes.

Les acteurs du marché ont longtemps navigué à vue du fait de l’opacité de la Russie sur l’état réel de ses stocks, hérités de la période soviétique. Leur ampleur a longtemps tranquillisé les consommateurs. Mais, depuis l’année dernière, des experts du marché comme le cabinet Johnson Matthey ont affirmé que ces stocks arrivaient en bout de course. Les quantités mises sur le marché par Moscou n’auraient pas dépassé les 100 000 onces de palladium en 2013… contre 2 millions par an dans les années 1990.

 

Johannesburg met de l’huile sur le feu
Comme si le timing n’était pas déjà inquiétant, le bond du palladium a été aidé par l’autre producteur mondial, l’Afrique du Sud. 
Passées inaperçues au milieu du dépeçage de la Crimée, plusieurs mines sud-africaines de platinoïdes sont en effet en grève depuis 2 mois… de quoi assécher le marché.

Comme l’analyse James Steel, analystes métaux précieux chez HSBC à New York, “étant donné la grève actuelle en Afrique du Sud et la peur de sanctions entre la Russie et l’ouest, les trois-quarts du palladium sont potentiellement menacés”.
Et pour ne rien arranger, deux banques sud-africaines viennent de lancer deux ETF sur le palladium, privant d’autant les industriels de métal.

omme le résume Claire Fages de RFI, “tous les ingrédients sont là — spéculation, troubles sociaux sud-africains et risque géopolitique russe — pour produire un beau cocktail et faire exploser les prix”.

 

Qui en profitera ?
Avec les deux plus grands producteurs sous tensions, il est difficile de savoir qui profite actuellement de l’envolée des prix. Une minière toutefois est devenue ces dernières années le refuge des investisseurs sur le palladium : Stillwater Mining Company (NYSE : SWC). Si l’on exclut l’achat de palladium physique, investir dans Stillwater permet de profiter de la hausse des cours en toute sérénité. Et ce d’autant plus que la plupart de ses mines sont situées aux Etats-Unis.
[L’Investisseur Or & Matières n’est évidemment pas passé à côté de cette grande tendance haussière sur le palladium et a justement Stillwater en portefeuille. En progression de plus de 29% depuis son achat, cette belle minière vous attend — recommandation complète et objectifs — dans L’Investisseur Or & Matières.]

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